Fraîchement arrivés mercredi soir, l’artiste visuel Nico Williams et deux membres de son équipe sont installés au premier étage du pavillon du Symposium de Baie-Saint-Paul. Au programme : une œuvre de perlage s’inspirant d’un sac de chez Walmart ainsi qu’un collier pour chien s’inspirant de l’histoire coloniale canadienne.
Nico Williams est un artiste visuel de la Première Nation Aamjiwnaang (Anishinaabe). Installé à Montréal, il dirige une petite équipe de 7 personnes avec qui il réalise des projets d’art visuel usant des méthodes de perlage, une pratique et un art issus des traditions des Premières Nations.
Jusqu’à dimanche, l’artiste et son équipe travailleront dans un local du Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul où le public pourra se rendre à leur rencontre.
Lors de notre passage hier après-midi, plusieurs amateurs s’étaient déjà rendus dans l’atelier de perlage pour assister au travail créatif de Nico et son équipe . Ce fut l’occasion pour certains admirateurs de venir voir de près le processus créatif de ces pièces de perlage pouvant prendre des centaines d’heures à accomplir tout en échangeant avec l’artiste sur son processus créatif.
Sur la table de l’atelier, on pouvait d’ailleurs apercevoir l’une des faces d’un sac en perles inspiré des sacs réutilisables de chez Walmart. « Cette pièce est faite en deux parties. Chaque partie nous prend environ 40 heures à assembler », nous dit Sam, l’un des techniciens de Nico Williams.
En parallèle, l’artiste travaille également sur une reproduction en perles d’un collier pour chien aux couleurs de La Baie. Il s’agit du « collier de Pilote, une chienne entraînée à chasser les Iroquoiens au début de la colonisation française en la cité de Ville-Marie », nous apprend Nico Williams. Le collier s’inspire ainsi du colonialisme véhiculé à la fois par la compagnie La Baie d’Hudson et par la statue de Pilote sur la Place d’Armes à Montréal pour parler des réalités autochtones.
Une reconnaissance internationale
Récemment, son travail à reçu la reconnaissance de nombreuses institutions comme la National Geographic, le Musée d’art contemporain de Montréal, l’Art Gallery of Ontario et quelques institutions américaines. Nico Williams se prépare d’ailleurs à se rendre à Minneapolis dans les prochaines semaines où il présentera l’œuvre sur laquelle son équipe travaille actuellement au Symposium.
Il s’agit d’une belle reconnaissance pour l’artiste Anishinaabe qui travaille ardemment pour revaloriser la pratique du perlage. Il nous confiait d’ailleurs que sa grand-mère était également une grande perleuse dont les créations sont éparpillées un peu partout.
L’artiste est d’ailleurs au centre d’une exposition en cours au Centre Phi de Montréal mettant en valeur différentes pièces de sa collection. Plus d’une trentaine de ses œuvres sont présentées jusqu’au 14 septembre.
La présence de Nico Williams et de son équipe constitue aussi une belle réussite pour le Symposium de Baie-Saint-Paul. Leur capacité à attirer des artistes de renom d’année en année ne cesse d’impressionner.
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.