Droits de douane : Domtar maintient ses activités, Remabec tente une relance

Par Guillaume Roy 1:25 PM - 5 août 2025 Initiative de journalisme local, Le Quotidien
Temps de lecture :
Victor Carré | Le Charlevoisien

L'usine de pâtes et papiers de Clermont est la propriété de Domtar.

D’ici quelques semaines, les droits de douane cumulés sur le bois d’œuvre devraient atteindre 34,94 %. Alors qu’une première scierie a annoncé une fermeture temporaire dans Lanaudière, Domtar maintiendra ses activités et Remabec tente une relance de ses opérations. Pendant ce temps, Québec baisse ses redevances de 26 % et ajuste le prix des droits de coupe au marché chancelant.

Avec des taux d’intérêt qui demeurent élevés et un marché de la construction qui tourne au ralenti aux États-Unis, la demande pour le bois d’œuvre est faible, souligne Guillaume Julien, le directeur des affaires corporatives chez Domtar. « Avec les droits compensatoires et antidumping, le marché est encore plus difficile », dit-il.

En ce moment, les droits compensatoires s’élèvent à 6,74 % et les droits antidumping à 20,56 %, pour arriver à un taux cumulé de 27,3 %. Selon les prévisions, les droits compensatoires augmenteront à 14,38 % au cours des prochaines semaines, et peut-être même dans les prochains jours, s’inquiète Guillaume Julien.

Domtar a l’avantage d’être une grande société intégrée, ce qui lui permet de tenir le coup et de passer à travers la tempête. « Il n’y aura pas d’impact sur nos opérations et on va continuer de fournir nos clients », dit-il, avant d’ajouter que la situation est réévaluée chaque semaine.

N’empêche que le géant forestier demande au gouvernement canadien d’agir pour régler le litige avec les Américains. « S’ils n’arrivent pas à régler le problème, on demande que le gouvernement mette en place divers mécanismes comme il l’a fait pour l’industrie de l’acier », note M. Julien.

Neuf milliards de dollars gelés à la frontière

À l’heure actuelle, près de neuf milliards de dollars sont gelés à la frontière à cause des différents droits de douanes et les industriels aimeraient pouvoir accéder à ces liquidités. Québec a mis sur place le programme FRONTIÈRE pour faciliter l’accès aux liquidité et Domtar voudrait qu’Ottawa lance un programme similaire.

Par exemple, il aimerait qu’Ottawa mette en place un programme qui permette d’accéder à une partie des fonds gelés à la frontière à cause du conflit.

Une relance fragile

À l’arrêt depuis le début du mois de juin, des scieries du groupe Remabec redémarrent. « On repart les opérations progressivement et on va voir la réaction du marché au cours des deux prochaines semaines », note Pierre Cormier, co-président et chef des opérations. « On va voir qui va se ramasser avec la taxe ».

Autrement dit, il se demande si le marché et les consommateurs absorberont le surcoût lié à ces droits de douane ou si ce sont les producteurs de bois qui devront assumer une perte. « Si le marché ne le ramasse pas, c’est sûr que ça va affecter nos opérations », souligne-t-il.

Pour l’instant, les scieries transforment du bois pour éviter les pertes, explique Pierre Cormier. « C’est du vieux bois que l’on doit passer avant de le perdre », dit-il.

Québec baisse ses redevances de 26 %

Pour prendre en compte la nouvelle réalité des droits cumulés, le gouvernement du Québec a abaissé ses redevances de 26 %. Ainsi, le prix moyen du bois par mètre cube passe de 14,99 dollars à 11,12 dollars.

Cette baisse sera rétroactive au 1er avril 2025, car la hausse des droits compensatoires sera également rétroactive.

« Un ajustement sera effectué dans le cadre de l’indexation trimestrielle des taux s’il advenait que le taux effectif soit différent du taux prévu », précise le ministère des Ressources naturelles et de la Faune.

Fait à noter, le prix des redevances exigées par Québec avait doublé entre 2018-2019 et 2022-2023, passant de 10 à plus de 20 dollars par mètre cube en moyenne.

« Ça donne de l’oxygène, mais le coût du bois rond livré à l’usine est encore plus cher au Québec qu’en Ontario, soit 13,50 dollars du mètre cube de plus », remarque Pierre Cormier.

Ce dernier aimerait que Québec mette en place une structure d’affaire similaire à celle de l’Ontario avec une grille tarifaire plus simple et du financement pour les chemins forestiers.

« Le taux minimum est plus faible en Ontario et il monte plus vite quand le prix du bois monte, dit-il. Le prix devient même plus élevé qu’au Québec, mais il n’y a pas de problème à payer plus quand tu fais de l’argent. »

La Scierie Saint-Michel ferme temporairement

La semaine dernière, la Scierie Saint-Michel, à Saint-Michel-des-Saints a annoncé qu’elle arrêterait temporairement ses activités à compter du 18 août, jusqu’au 13 octobre, à cause de la hausse des droits de douane.

S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

À lire également

Une fête foraine organisée par des jeunes le 16 août à Saint-Hilarion

Le 100e anniversaire d’Oscar Peterson au Domaine Forget

Qu’arrive-t-il après le rejet de l’offre de Postes Canada ?

Horizon

Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.

Horizon

Vos activités en septembre

Présenté par Le Charlevoisien
Horizon

Et si votre prochaine maison était conçue pour votre mode de vie?

Présenté par Bonneville
Horizon

Le Grand Marché aux puces de Saint-Irénée est de retour pour une 5e édition!

Présenté par Municipalité de Saint-Irénée
Horizon

Prix d’un implant dentaire à Québec : ce qui fait varier la facture (et pourquoi se méfier des aubaines)

Présenté par Odontys
Horizon

Une ministre, une famille, une mission : faire bouger le Québec

Présenté par Assemblée nationale du Québec
Concours

Concours « Qu’ils sont beaux nos parcs nationaux! »

Se termine le 12 octobre 2026 Participer