40 ans de création et de transmission aux Ateliers Charlevoix
Un événement s'est tenu ce vendredi afin de souligner le 40e anniversaire de l'entreprise.
À Saint-Irénée, Les Ateliers Charlevoix célèbrent cette année leur 40e anniversaire. Une longévité rare dans le monde des métiers d’art, et encore plus remarquable lorsqu’elle repose sur un passage de flambeau réussi.
Pour Stéphane Bouchard, propriétaire depuis neuf ans, c’est avant tout une histoire de passion, de rigueur… et de patience. « J’ai commencé ici à 15 ans, à tondre le gazon et à arroser les fleurs », raconte celui qui a été formé par Joan DeBlois, fondatrice des Ateliers, et son mari Marc DeBlois. « Madame DeBlois voulait qu’il n’y ait qu’un seul potier visible. Je devais apprendre à tourner comme elle, avec ses 30 ans d’expérience. »

Il enchaîne les tâches, apprend d’abord à défourner les fours, puis à émailler, avant de prendre graduellement le tour. « C’était la plus dure école, mais la plus satisfaisante », dit-il aujourd’hui avec fierté.
Trente-quatre ans plus tard, il est devenu un artisan aguerri, capable de transformer jusqu’à 10 tonnes de terre par année, tout en gardant un contact direct avec la clientèle.
Une passion partagée
Depuis cinq ans, sa conjointe, Nancy Giguère, designer textile, s’est jointe à lui. Elle signe les accessoires de cuisine et les pièces textiles. Ensemble, ils forment un duo complémentaire qui permet à l’entreprise d’offrir une collection renouvelée chaque année, tout en suivant les tendances.
« Quand les bols à poké sont arrivés, on ne savait même pas ce que c’était. Aujourd’hui, c’est indispensable. Il faut rester à l’avant-garde. »
Les Ateliers collaborent aussi avec des restaurateurs comme Le Mouton Noir et Faux Bergers, qui utilisent et promeuvent leur vaisselle.
« Ça nous pousse à créer autrement, à sortir de notre zone de confort. Plusieurs clients viennent nous voir après avoir mangé dans leurs assiettes », souligne-t-il.
Une relève à préparer
À 50 ans, Stéphane Bouchard commence à penser à l’avenir. Il cherche une relève à former, idéalement un jeune sortant de l’école ou un passionné prêt à apprendre le métier comme lui l’a fait. « Quelqu’un qui veut s’investir, développer son style et éventuellement reprendre le flambeau. »
S’il rejette l’idée de se multiplier ailleurs « Je ne veux pas devenir gestionnaire, je veux continuer à tourner et parler aux clients », il n’exclut pas un virage vers les pièces uniques et les galeries d’art.
M. Bouchard a ajouté une corde à son arc tout récemment : lors d’un voyage au Japon, il a appris la technique du kintsugi, une pratique ancestrale, auprès d’un maître reconnu comme un trésor national vivant.

Une entreprise enracinée
Fortement ancré dans la région, l’atelier mise sur l’achat local. « 98 % de ce qu’on vend est fait ou transformé ici. La clientèle est fidèle, et elle nous pousse à nous renouveler. La première chose qu’on me demande en entrant, c’est : qu’est-ce qu’il y a de nouveau cette année ? »
Et à ceux qui achètent une pièce, il rappelle : « Vous n’achetez pas juste un bol. Vous achetez une part de déception, de création, de joie. C’est tout ça qui se retrouve dans nos pièces. »
Les Ateliers Charlevoix entrent ainsi dans leur cinquième décennie, toujours portés par la même énergie de création. Le mot d’ordre pour la suite : transmettre, innover, et surtout… rester humains.

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Bravo Stéphane pour ce travail si talentueux, c est bon de revour Joan et Marc. Belle fin d été.