Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a publié jeudi son rapport d’enquête sur la collision entre le NM Svanoy et une embarcation de plaisance survenue en juillet 2023. Il se dit entre autres « préoccupé » par les exigences liées à la certification des conducteurs d’embarcations de plaisance sur des plans d’eau comme le fleuve Saint-Laurent.
« L’enquête a révélé que les deux navires naviguaient dans une zone de visibilité réduite, et au moment où ils se sont mutuellement aperçus, ni le capitaine ni le conducteur de l’embarcation de plaisance n’ont été en mesure d’intervenir efficacement afin d’éviter la collision », explique l’organisation par voie de communiqué. Le rapport de 46 pages a aussi a permis de déterminer qu’aucune défaillance d’un composant ou d’une machine, que ce soit sur le traversier Svanoy ou sur l’embarcation de plaisance, n’a contribué à cet événement.
Bien que le conducteur de l’embarcation de plaisance avait suivi un cours de sécurité nautique accrédité et était titulaire d’une carte de conducteur d’embarcation de plaisance valide, ses connaissances sur les signaux, la veille, la vitesse de sécurité, la prévention des collisions et la navigation par visibilité réduite étaient limitées, selon le BST.
« Le conducteur de l’embarcation de plaisance ne possédait donc pas de connaissances suffisantes pour naviguer de façon sécuritaire dans les conditions de brouillard existantes au moment de l’événement », en conclut-il.
Présentement, la formation et la certification actuellement exigées des conducteurs d’embarcations de plaisance ne fourniraient pas les connaissances nécessaires pour naviguer en toute sécurité sur des voies navigables comme le fleuve Saint-Laurent, selon le Bureau de la sécurité des transports du Canada.
Manque de communications
L’enquête révèle aussi que ni le traversier ni l’embarcation de plaisance n’ont utilisé les signaux prescrits en cas de visibilité réduite pour prévenir les autres navires à proximité de leur présence. « La capacité du traversier et de l’embarcation de plaisance à détecter la présence et la position l’un de l’autre a donc été considérablement réduite », dit-on.
Par exemple, le NM Svanoy a quitté le quai de Saint-Joseph-de-la-Rive sans émettre de signal d’avertissement au départ, soit un coup prolongé, et il a poursuivi sa route sans émettre de signal de brume.
« Cette adaptation, qui n’était pas conforme au Règlement sur les abordages, découle du fait que l’équipe à la passerelle avait l’impression que le bruit fort des signaux pouvait perturber les communications entre les membres de l’équipage et déranger les passagers du traversier et les riverains », explique-t-on dans le rapport.
De leur côté, les occupants de l’embarcation de plaisance n’avaient pas l’impression que le brouillard était suffisamment épais pour nécessiter l’utilisation de la corne de brume manuelle de bord.
Rappel des faits
Le 2 juillet 2023, vers 10 h, le NM Svanoy entre en collision avec une embarcation de plaisance, le Skookum, à une centaine de pieds de la rive de Saint-Joseph-de-la-Rive. Un épais brouillard recouvrait le fleuve Saint-Laurent au moment de l’incident.
À 10 h 06 minutes 30 secondes, alors que le Svanoy se trouvait […] au sud-sud-ouest du quai de
Extrait du rapport du BST
départ de Saint-Joseph-de-la-Rive, […] le capitaine a aperçu une embarcation de plaisance devant lui. Le capitaine a fait immédiatement retentir un coup de la corne de brume du traversier pour avertir l’embarcation de plaisance et a réduit la vitesse. À 10 h 06 minutes 35 secondes, le Svanoy et l’embarcation de plaisance sont entrés en collision.
Quatre personnes originaires de l’Ontario prenaient alors place à bord du plus petit des deux navires, qui sombrera un peu plus tard dans les eaux du Saint-Laurent.
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