Justin Trudeau dit que le président Trump aura besoin du Canada pour son «âge d’or»

Par Émilie Bergeron, La Presse Canadienne 12:07 PM - 21 janvier 2025
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Le premier ministre Justin Trudeau entouré de nombreux ministres au cours d'un point de presse, mardi, dans le contexte de la retraite du cabinet à Montebello, en Outaouais. LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick

Le premier ministre Justin Trudeau fait valoir au président américain fraîchement assermenté, Donald Trump, que Washington aura besoin du Canada pour que son pays entre dans l’«âge d’or» promis durant son discours d’investiture.

Le chef sortant du gouvernement canadien a envoyé mardi ce message indirectement au locataire de la Maison-Blanche alors qu’il s’entretenait avec les journalistes dans le cadre de la deuxième et dernière journée de la retraite de son conseil des ministres, réuni à Montebello, en Outaouais.

«M. Trump est un négociateur habile qui sait que de garder ses partenaires de négociation un peu déséquilibrés, ça peut être payant, mais nous allons rester ancrés dans les faits que, si l’économie américaine va rentrer dans une période de prospérité, d’activité accrue et de croissance, ils vont avoir besoin de plus d’énergie, plus d’acier, plus d’aluminium», a dit M. Trudeau.

Du même souffle, il a confirmé qu’il était d’accord avec l’idée de répliquer, si nécessaire, avec des mesures de représailles équivalant, «dollar pour dollar», aux tarifs de 25 %.

«Ce serait les Canadiens qui paieraient plus pour des achats qu’ils font des États-Unis. C’est pour ça qu’on va choisir les items sur lesquels on va mettre des tarifs, pour que les Canadiens aient d’autres alternatives», a-t-il mentionné, ajoutant qu’Ottawa entendait compenser, si M. Trump passe de la parole aux actes, les entreprises qui seraient touchées.

Si elle sert habituellement à préparer la rentrée parlementaire après les vacances hivernales, la retraite actuelle du cabinet est plutôt axée sur la stratégie commerciale que devra adopter le Canada en réponse au retour de M. Trump à Washington.

M. Trudeau a plaidé que le Canada a déjà l’expérience de tarifs imposés par M. Trump au cours de son précédent mandat, notant néanmoins des différences, cette fois-ci, quant à la volonté de la Maison-Blanche de montrer qu’elle agit vite.

«Je pense qu’on a déjà vu que (…) l’administration Trump va bouger plus rapidement, a émis beaucoup plus de mesures dès la première journée que ce qu’ils ont fait en 2017, mais nous sommes là pour être un partenaire fiable et responsable avec les États-Unis», a affirmé le premier ministre.

Deux sources gouvernementales qui n’étaient pas autorisées à parler publiquement de ces questions ont indiqué précédemment à La Presse Canadienne que, si M. Trump fixait les tarifs à 25 %, la première salve du Canada consisterait en des mesures de riposte d’une valeur d’environ 37 milliards $. Une possible deuxième vague de tarifs douaniers d’une valeur supplémentaire de 110 milliards $ serait aussi sur la table.

Le scénario envisagé inclut des milliards de dollars ciblant des secteurs clés de l’économie américaine, comme les produits de la céramique, du plastique et de l’acier.

La menace de M. Trump remonte à novembre, après qu’il eut remporté l’élection présidentielle aux États-Unis.

Cette dernière ne s’est finalement pas concrétisée lundi, au jour un de son entrée en fonction, mais elle est loin d’être reléguée aux oubliettes. En soirée, dans le Bureau ovale, M. Trump a fait savoir qu’il n’a pas écarté son projet.

Or, dans l’intermède, un des décrets signés par le président américain porte sur une étude à être complétée bien après le 1er février, avec une échéance fixée au 1er avril. L’étude doit porter sur des pratiques commerciales que M. Trump considère comme étant injustes.

Quoi qu’il en soit, M. Trudeau s’est montré encouragé par la décision du républicain de déclarer l’«urgence sur la frontière au sud des États-Unis», mais pas concernant celle que partagent les Américains avec les Canadiens.

Le premier ministre a réitéré que l’entrée de fentanyl aux États-Unis par le Canada est minime, de même que pour les arrivées irrégulières de migrants.

«C’est certain qu’on devrait pouvoir dire 0 % et on va travailler là-dessus, mais ça ne représente pas une urgence.»

M. Trudeau était entouré, au cours de son point de presse, de nombreux ministres, dont ceux qui étaient à Washington lundi dans le contexte de l’investiture de M. Trump, soit François-Philippe Champagne et Mary Ng.

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