Amélie Forget à la tête du Centre Ruralités durables de l’INRS

Par Emelie Bernier 1:41 PM - 16 octobre 2024 Initiative de journalisme local
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Amélie Forget.

Le 28 octobre, Amélie Forget entrera en poste à titre de directrice d’implantation du Centre Ruralités durables de l’Institut national de recherche scientifique du Québec, l’INRS. Un important défi l’attend, mais elle estime que toute sa carrière l’a préparée à ce poste.

La candidature d’Amélie Forget est arrivée comme une surprise dans les bureaux de l’INRS. «Ils ne m’ont pas vue venir », rigole-t-elle.  Mais ce défi, elle se sent apte à le relever.

« On y retrouve les différents éléments qui me passionnent : la recherche appliquée, les opérations et la démarche intellectuelle », résume-t-elle.

Il faudra créer le centre de toutes pièces, mais en comptant sur l’expertise bâtie par l’INRS. «Il y aura bien sûr la mise en place d’une programmation scientifique, mais je vais devoir gérer des installations, faire des embauches, recruter des étudiants, monter une nouvelle équipe… On veut une bibliothèque, est-ce qu’on aura des laboratoires? C’est merveilleux de travailler avec l’INRS  et Luc Alain Giraldeau parce qu’on peut rêver. On peut être ambitieux. C’est extrêmement stimulant», lance Mme Forget, visiblement très enthousiaste.

Parlant des installations, Mme Forget ne souhaite pas s’avancer. Maison Mère Baie-Saint-Paul est pressentie depuis les débuts des pourparlers, mais rien n’est officiel encore. Quel que soit l’endroit choisi, il faudra être attractif pour attirer des sommités du Québec, du Canada et du monde, estime-t-elle.

Amélie Forget. Photo Émélie Bernier

Amélie Forget n’a pas résisté à la force d’attraction de la région où elle habite Charlevoix depuis 2 ans avec son mari et leurs deux jeunes enfants. Le fait de vivre ici, au cœur de cette ruralité qui donnera le ton à son prochain défi professionnel,  confère encore davantage de sens à son nouvel emploi.

« On est des néoruraux, typiques produits de la pandémie. Nous vivions à Montréal avec nos 3 enfants, sans voiture, avec une petite cour… On allait au marché Jean-Talon tous les jours. Il n’y a pas plus cliché que ça.  C’était l’urbanité totale !», raconte-t-elle avec le sourire.

Le confinement leur a donné envie d’aller voir ailleurs.  « On réalisait que plein de réalités nous échappaient. On voulait comprendre et être en contact avec ce que plus de la moitié de la population du Québec. On aime être en phase avec notre société. »

Durant des vacances à Cap-aux-Oies, le duo était tombé sous le charme de Charlevoix. «Puis, une voisine de ruelle qui possède un pied à terre à Saint-Irénée nous a mentionné qu’une maison était à vendre près de chez elle… »

9 mois plus tard, ils devenaient propriétaires.

« Depuis 3 ans, on est les deux pieds dans la ruralité, avec beaucoup d’humilité. Il y a des enjeux majeurs. Le transport en commun, le développement économique, le logement, les soins de santé, le patrimoine, les paysages. Ce qui est extraordinaire pour moi avec ce projet, c’est que je veux savoir ce qui est important pour les gens d’ici. Il  y a un sens autant professionnel, intellectuel que personnel à ce poste. »

Amélie Forget souhaite établir les priorités de la démarche scientifique en fonction des communautés. « Oui, les gens d’affaires, oui, les autorités publiques, mais les citoyens, les agriculteurs, les travailleurs de la forêt et du monde maritime, je veux les entendre. Ça va être à nous de trouver la façon de leur parler pour qu’ils se sentent interpelés et qu’ils aient envie d’embarquer. On va coconstruire l’INRS ruralité avec les communautés de Charlevoix. Le développement des connaissances ne se fera pas sans les communautés de Charlevoix. »

La vision et la mission dépasseront toutefois largement les frontières de la région.

« Charlevoix est un creuset pour les différents visages du monde rural, mais on coconstruit pour tous. On ne va pas que va se concentrer sur les enjeux charlevoisiens, ce qui n’est pas l’objectif », précise Amélie Forget.

Elle rappelle qu’il n’existe au Québec aucune structure de recherche pérenne dédiée  aux questions rurales. «C’est la première. Et c’est le projet d’une vie pour moi. »

Quelques faits saillants du parcours d’Amélie Forget

Études:

Amélie Forget est détentrice d’un PhD en science politique de l’Université de Montréal. Elle a également complété un séjour post-doctoral à l’Université américaine Cornell. Son champ d’expertise? Les réseaux militaires. « Je ne suis pas militariste, mais je me suis intéressés aux pratiques. »

Son plus récent emploi:

Directrice exécutive du Précrisa. Ce réseau de recherche, qu’elle a contribué à créer, mettre sur pied et financer, « s’intéresse aux menaces émergentes susceptibles de provoquer de nouvelles crises affectant la santé, mais aussi à la capacité des systèmes de santé, des individus et des collectivités à leur faire face », né dans le sillage de la pandémie de COVID-19. Elle demeure extrêmement attachée au projet. « C’est mon bébé! Je ne serais pas partie pour n’importe quoi, mais je suis une fille de défi et démarrer un nouveau centre de recherche universitaire, c’est l’aboutissement de ce que j’ai fait jusqu’à présent dans ma carrière! »

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