D’importants travaux se terminent ce lundi aux Bonyeuses, un chantier que la copropriétaire Meggie Tremblay Pilote qualifie de ” chapitre final de la transition entre À Chacun son pain et Les Bonyeuses “. Au look industriel d’hier se sont substituées les chaleureuses ” couleurs bonyeuses “, une métamorphose signée Charlevoix.

” Dans les valeurs des Bonyeuses, il y a le développement durable, l’économie circulaire, l’achat local… Nos investissements ont été orientés par nos valeurs “, explique Meggie Tremblay Pilote.
Non seulement l’entreprise s’est-elle tournée vers des fournisseurs de la région (Décoration Suzanne, Précision SG, Soudure MT…), mais elle a également choisi des méthodes écologiques. ” Par exemple, au lieu d’enlever la céramique et de l’acheminer au lieu d’enfouissement, on a fait affaire avec une compagnie qui pose du ciment par-dessus “, illustre-t-elle.

L’entreprise a fait appel à des talents d’ici pour concrétiser le projet, notamment les artistes artisans de CathShop et Kréations Karlius. ” On a fait appel à Karl parce que c’est un vrai bonyeu de Charlevoix qui travaille en récupération, qui voit du potentiel dans tout! “
Catherine Tremblay (CathShop) et Karl Murray (Kréations Karlius) ont fait une grande partie du travail de ” relooking “, un contrat que le couple, parents d’un petit Bartholomé de huit mois, a particulièrement apprécié. ” C’est mon plus gros contrat à vie! “, dit celui qui a notamment construit du mobilier urbain pour la Ville de Baie-Saint-Paul.
Le parcours de ce fils d’ébéniste-sculpteur est surprenant.
Déjà, enfant, Karl Murray aimait réparer ses propres jouets brisés. ” Je les déboitais, je les réparais, je les réassemblais… Je voulais comprendre pourquoi ils ne marchaient plus “, raconte celui qui a ensuite connu une adolescence un peu rock’n’roll. ” Adolescent, j’étais un petit crisse et je me droguais! Je ne faisais pas grand-chose de bon… “, confesse-t-il en riant.
Puis, Karl Murray a déniché un emploi à l’écocentre de Saint-Urbain. Il y a travaillé trois ans. ” En étant là-bas, j’avais les deux pieds dans la matière première que je préfère, ce que les gens jettent! J’ai ramassé une quantité phénoménale de choses que j’ai détournées des poubelles! “, raconte celui qui adore les journées de ” monstres ménagers “.

Depuis 2016, son intérêt pour le ” bizounage ” (selon sa propre expression), le recyclage et la création ne cesse de prendre de plus en plus de place dans sa vie. Il a notamment tenu un kiosque avec des jouets d’enfants faits à la main pendant 7 ans. Aujourd’hui, après quelques années à travailler dans le domaine de la construction, il se consacre entièrement à sa passion devenue son métier.
Ses meubles, luminaires et autres créations utilitaires sont disponibles chez Art et Mer Gens, sur la rue Sainte-Anne, où ils servent notamment de support et d’éclairage aux œuvres des autres artisans.
Son contrat avec les Bonyeuses lui a permis de travailler main dans la main avec son amoureuse, une créatrice illustratrice qui expose elle aussi, justement, à la boutique d’Audrey-Anne Tremblay. ” On s’est rencontré là et ça a créé un couple et une famille! “, lance-t-il, ému.

Si lui a fait tout le travail du bois pour la nouvelle salle à manger ” funky ” des Bonyeuses, Catherine a réalisé tout le travail de rembourrage et de couture du cuir des banquettes, dont une partie a été récupérée auprès d’un restaurant de Québec qui changeait de décor.
” Tout ce que je ne fais pas, elle le fait, on combine nos forces! “, se réjouit-il, non sans une pointe de fierté.
Une attention particulière a été portée aux personnes à mobilité réduite, qui auront elles aussi accès à leur banquette!
Les Bonyeuses ont investi au bas mot 100 000 $ en rénovation. Les travaux auront nécessité une semaine de fermeture, mais l’adresse du boulevard Monseigneur-de Laval rouvre ses portes le mardi 20 juin. Dès 7h, les Bonyeuses vous attendent avec des petites surprises festives.
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