Tourisme : retour à la « normale saisonnière »

Par Emelie Bernier 7:00 AM - 04 août 2022
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La terrasse de l’Orange Bistro à l’heure de pointe.

La haute saison touristique est à son apogée alors que les vacances de la construction se terminent ce dimanche 7 août. Jusqu’ici, les chiffres de 2022 contrastent avec ceux des années COVID, mais sont un copier coller de ceux de 2019. Restauration, hôtellerie, camping, événement, tous les intervenants s’entendent pour dire que l’été 2022 marque le retour à la normale après deux années record en matière d’achalandage.

«L’an dernier et en 2020, on a vécu quelque chose hors de l’ordinaire. On était plein des semaines à l’avance. Cette année, oui, on est très occupé, mais il nous reste toujours quelques chambres, chaque jour, qu’on finit par remplir avec des passants», explique Sophie Brisson, directrice ventes et hébergement de l’Hôtel Baie-Saint-Paul.

Les dits passants s’étaient faits plutôt rares en 2020 et 2021.

Donald Duchesne.


Sans présenter de chiffres officiels, elle compare les résultats de cette année à ceux de 2019. «Ça ressemble vraiment aux années d’avant la COVID. Pour août, on n’est pas complet encore, mais on n’a aucune inquiétude. Ce qui est différent, c’est que l’an dernier, en juillet, on était déjà réservé pour tout le mois d’août tôt en juillet», indique-t-elle.
A l’Orange Bistro, le constat est à peu près le même selon Donald Duchesne. «On est rentré dans les mêmes données que 2019. C’était une très bonne année, mais pas exceptionnelle comme 2020, 2021. On est confiant pour le reste de l’été, on devrait prendre un vrai rythme de croisière pour le mois d’août.»

Hugo Leblanc Dufour.


À l’Auberge des Balcons, Hugo Leblanc Dufour estime que les chiffres sont un peu moins bons que l’an dernier, «Il y a moins de monde un peu, c’est moins fort que l’an passé et l’autre d’avant. Les frontières sont ouvertes, les gens peuvent recommencer à voyager, ils en ont sûrement envie aussi», estime-t-il. Durant le Festif!, toutefois, l’auberge était remplie à pleine capacité. «On aurait pu remplir deux, trois, quatre ou cinq auberges», dit-il.


Dans les campings, la situation n’est pas différente, selon le propriétaire du Camping Chutes Fraser, Michel Néron.
«Ça ne se compare pas a 2021 et 2020, c’est plus un retour à la normalité. Durant les deux années de pandémie, les gens n’avaient pas grand place où aller», résume avec un sourire M. Néron, propriétaire.


Après un début d’été un peu lent, M. Néron estime que le camping a pris son erre d’aller. «Ça va être comme ça, on le savait. Ça ne peut pas être intense comme l’an passé! De toute façon, c’était beaucoup. On voyait que les sites étaient fatigués. Là, c’est normal et c’est mieux, même si on a eu beaucoup de pluie!»


Au Fairmont Le Manoir Richelieu, rien ne se passe tout à fait comme prévu.


«C’est un drôle d’été, tout peut changer à tout moment. On doit avoir des réflexes aiguisés pour s’adapter», relate Caroline Ouellet, directrice ventes et marketing du Fairmont Le Manoir Richelieu. Le «super bon été» anticipé est un peu plus tiède que prévu, mais la clientèle répond présent et est là pour «se gâter». «Après un début un peu lent, depuis trois semaines, ça bouge de nouveau en notre faveur. On a plus les contraintes d’accueil qu’on avait, donc ça crée moins de frustration et c’est moins complexe à gérer. On est revenu à des auspices beaucoup plus simples. Les prix ont augmenté partout, mais pour l’instant, on sent que les gens veulent profiter de la vie, aller dans les restos, ne pas se priver», avance-t-elle.

Mitchell Dion.


Il est évidemment trop tôt pour dresser des bilans, mais le directeur général de Tourisme Charlevoix Mitchell Dion n’est pas prêt à condamner la saison touristique 2022. Il parle plutôt d’un retour à la normale. «C’est un départ moins canon que les deux derniers étés, 2021 surtout parce que 2020 avait été très fort, mais avait commencé plus tard», dit-il.
Le retour des clientèles internationales est bienvenu.


«Ce n’est pas encore encore le Klondike, mais les Américains, les Européens commencent à revenir. Ce sont des clientèles qui restent plus longtemps, vont dépenser davantage. Cette clientèle est très présente a l’automne, septembre, octobre donc ça laisse présager un automne qui pourrait être intéressant.»

Le personnel, pas simple!


Cet été, les services du samedi et dimanche soir au Gourmet, le restaurant de l’Hôtel Baie-Saint-Paul, sont passés à la trappe. «C’est un choix qu’on a dû faire, en raison de restrictions au niveau du personnel. Jusqu’à date, les clients de l’hôtel ne s’en plaignent pas car il y a beaucoup de choix à Baie-Saint-Paul», explique Sophie Brisson. Le restaurant est ouvert pour les petits déjeuners, 7 jours sur 7, et du lundi au vendredi pour le repas du soir. «Nous sommes fermés le midi depuis la COVID et je ne pense pas qu’on revienne. On n’a pas les effectifs», ajoute Mme Brisson.
Donald Duchesne, à l’Orange Bistro, attend avec impatience des renforts venus d’Europe. Il peste contre la lenteur de l’administration. «On attend du personnel d’Europe, mais les trois personnes qu’on embauche vont arriver en novembre à cause des fonctionnaires», rage Donald Duchesne.

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