Controversée expédition de vélo/hélico au mont des Morios: Le Backyard s’explique

Par Emelie Bernier 7:59 AM - 20 octobre 2021
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Nicholas Spooner/Le Backyard

Une expédition de vélo de montagne héliporté à partir du sommet du Mont des Morios a soulevé l’ire de certains internautes et pose encore une fois des questions sur l’achalandage croissant et la cohabitation des usages sur les sentiers de la région. Alors que certains estiment que les amateurs de plein-air vont trop loin dans leur recherche de sensations fortes, les principaux intéressés défendent leur initiative.


Lucas Holmes, blogueur du site Le Backyard, et son ami Martin Durand ont utilisé un moyen de transport inusité pour se rendre au sommet de la montagne en faisant appel à Héli-Charlevoix. Ils se sont ensuite élancé en vélo de montagne dans les sentiers étroits du mont des Morios, une aventure où rien n’a été laissé au hasard, selon Lucas Holmes.

«L’intention de départ était de documenter une expédition de vélo/hélico à partir du populaire sommet charlevoisien », explique M. Holmes.

Photo Nicholas Spooner, Le Backyard

Le duo d’aventuriers, qu’un ami photographe attendait au sommet après y avoir passé la nuit, connaît bien la montagne. L’objectif n’est pas de développer un produit d’appel qui marierait vélo de montagne et hélicoptère, précise l’instigateur, mais bien d’explorer une nouvelle forme d’aventure, usuelle dans d’autres parties du monde.

« Ça m’a confirmé le potentiel de la voie des airs. Le territoire est vaste et ce qui est accessible par la route est de plus en plus achalandé… Là, on l’a fait en vélo, mais pourquoi pas en ski par exemple? L’humain aime la montagne! Pourquoi toujours développer un chemin pour y arriver? Il y a des arguments pour et contre, mais je souhaite qu’on en parle », indique-t-il.

L’humain aime la montagne! Pourquoi toujours développer un chemin pour y arriver? Il y a des arguments pour et contre, mais je souhaite qu’on en parle.

La cohabitation est un autre fer de lance du blogueur et de ses collègues.

«Ça se fait ailleurs, à Chamonix, en Islande, aux États-Unis… Il y a des sentiers où les randonneurs côtoient les skieurs, les raquetteurs, les « vélos de montagneurs »… On a déjà fait un sentier, une cicatrice, n’en faisons pas quatre! Qui dicte les règles? Nous, comme communauté, on doit les déterminer et on veut véhiculer cette cohabitation saine et sécuritaire-là.»

Il comprend que certains n’apprécient pas le nombre croissant d’adeptes de plein-air dans des sentiers autrefois quasi déserts.

« On ne peut pas arrêter le mouvement! On comprend les gens qui avaient les Morios pour eux seuls et qui se sentent envahis… Quand je fais du ski hors-piste, et qu’il y a des raquetteurs dans ma piste, je suis qui pour dire : « t’as pas d’affaire-là! » Au Québec, on est très localiste. Cette fausse appropriation du territoire, c’est un ras-le-bol que j’ai!», lance-t-il.

Avec le blogue Le Backyard, ses partenaires et lui souhaitent d’abord ouvrir un dialogue constructif et promouvoir les pratiques adéquates.
«Le problème n’est pas qu’il y a des humains qui pratiquent leurs activités de plein air dans le respect de l’environnement, mais plutôt ceux et celles qui font des excès (matières fécales non ramassées, feux et déchets). C’est inévitable que des amateurs de plein air feront des erreurs… Ça fait partie de l’apprentissage. Ce n’est pas en mettant un cadenas sur la montagne qu’on va régler ça », conclut-il.

« Je ne suis que le transporteur » -Benoît Provencher, Héli- Charlevoix

Quand les cyclistes du Backyard ont contacté Benoît Provencher, propriétaire de l’entreprise Héli-Charlevoix, pour lui parler de leur projet, le pilote leur a partagé ses inquiétudes. « Moi, je ne suis que le transporteur, mais j’ai fait ce que je pensais devoir faire soit manifester mes préoccupations par rapport à la sécurité en raison de la présence de randonneurs, à l’impact des vélos sur les sentiers, au risque d’accident », indique M. Provencher.

Nicholas Spooner/Le Backyard


Le fait que le mont des Morios soit situé en plein territoire libre exempte les utilisateurs de demander quelque autorisation que ce soit. « Ce n’est pas comme à la Sépaq par exemple, mais je leur ai demandé de s’assurer de contacter l’Association loisirs, chasse et pêche du territoire libre-secteur Pied-des-Monts. Ils l’avaient déjà fait. Ils avaient un plan précis, ce n’était pas bâclé », évalue M. Provencher.


Il n’a pas l’intention d’offrir ce service à la carte. « Ce n’est pas pour développer quelque chose de façon permanente! Ils voulaient écrire là-dessus, montrer que la voie des airs peut être intéressante pour atteindre des endroits moins accessibles, mais personnellement, je ne recommande pas ça, le vélo aux Morios », conclut le pilote.

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