Temps difficile pour la truite à Saint-Aimé-des-Lacs

Par Karine Dufour-Cauchon 4:25 PM - 02 septembre 2021
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Daniel Boudreault a ramassé trois seaux de truites décédées au large de son quai en trois jours.

Des truites décèdent par dizaines sur le lac Sainte-Marie de Saint-Aimé-des-Lacs.  Daniel Boudreault, propriétaire d’un gîte et ancien maire de Saint-Aimé-des-Lacs, qualifie le phénomène «comme du jamais vu».

Depuis mardi, il ramasse près d’un sceau par jour en poissons morts sur le bord de la berge de son quai donnant accès au lac Sainte-Marie.

Le manque de précipitations et d’eau fraîche dans les rivières se déversant dans le plan d’eau est sûrement en cause, croit-il. Néanmoins, il a contacté l’administration municipale pour savoir s’il y avait moyen «d’oxygéner» le lac avec un jet d’eau par exemple.

La municipalité n’est pas en accord avec cette théorie. La mairesse Claire Gagnon indique que ce serait plutôt les nombreux oiseaux de proie survolant les lacs de la municipalité qui seraient en cause des décès des poissons.

Elle indique que, comme les poissons se cherchent un coin d’ombre, ils se dirigent plus près de la berge. Les pygargues attraperaient leurs proies et s’envoleraient avec elles. Les poissons «trop lourds» retomberaient à l’eau, décédés, explique Mme Gagnon.

«Les experts consultés par la municipalité» seraient d’accord avec cette hypothèse, toujours selon l’élue. La municipalité ne nomme toutefois pas de quelle firme de biologistes il s’agit.

La directrice générale Lise Lapointe ajoute que «le pygargue est une espèce considérée vulnérable depuis 2003 » et que l’administration municipale ne fera aucune intervention humaine pour cette raison. «C’est un phénomène naturel», a-t-elle ajouté.

Mme Lapointe soutient en terminant que la possibilité d’ajouter un jet d’eau est exclue. Rappelons que les puits artésiens municipaux sont à leur plus bas en raison du manque de précipitations.

Elles ont bon espoir que la situation se règle avec l’arrivée de la pluie dans les prochains jours.

En attendant, le citoyen et l’ex-élu Daniel Boudreault n’a pas trouvé de réponses à ses questions. L’instance municipale n’a pas l’intention d’aller collecter les carcasses.

Le début de la collecte de M. Boudreault ce jeudi

Il s’est également buté à plusieurs boîtes vocales auprès du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Bien qu’il alimente son compost avec ses carcasses retrouvées, il se demande si la collecte de poissons décédés ne serait pas de juridiction gouvernementale. Le ministère indique qu’il ne ramasse pas les animaux morts, incluant les poissons des plans d’eau de la province.

«La municipalité ne m’a même pas rappelé, indique-t-il. Les ombles de fontaine ont la vie dure. Entre le ministère qui ne ramasse pas les corps morts et la municipalité qui croit que ce sont les oiseaux qui tuent nos truites, c’est déplorable. C’est un lac où tous ont le droit de se promener, d’utiliser, c’est un bien public. C’est dommage de n’avoir aucune réception», déplore M. Boudreault en terminant.

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