Une saison bouleversée pour le Safran

Par William Tremblay 12:00 PM - 08 août 2021
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Crédit Photo Sylvain Foster

La dernière année fut hors du commun pour Rénald Lepage, fondateur de Safran Nordique. Le producteur a été surpris de voir la période de floraison de ses fleurs totalement chamboulée par le climat belliqueux de l’automne 2020.

En effet, les périodes de gel du mois d’octobre 2020 n’ont pas donné de chances au producteur. Ce n’est pas le froid qui pose un réel problème, car les plantes peuvent survivre à des températures allant jusqu’à -15oC. Ce qui a pesé cher sur la floraison c’est le manque de chaleur dans la journée.

Comme un érable, le safran adore les changements de températures.

« Qu’il fasse en bas de zéro pendant la nuit, il n’y a aucun problème pour la plante! Par contre, il faut au moins qu’il fasse 7-8 degrés durant la journée du lendemain pour que le bulbe produise une fleur », explique M. Lepage.

Le problème est ici, le mois d’octobre dernier a été glacial et n’a pas donné de chances aux plants.

« J’ai mis des radiateurs dans mes serres, ça m’a permis d’avoir des fleurs de ces plants-là, mais les plants qui étaient en extérieurs n’ont pas fleuri », affirme le producteur tout en se demandant comment optimiser le plus possible sa production.

Le champ dans lequel M. Lepage fait pousser ses fleurs. Certains de ses plants sont en extérieurs tandis que d’autres sont en serres.

Le mois d’octobre s’est envolé et il a emporté avec lui les froides journées. Ce répit a permis à Rénald Lepage de récolter des fleurs durant une bonne partie du mois de novembre. Mais quelle ne fut pas la surprise du producteur, quelques jours après Noël, d’aller dans son champ et de le voir en fleur. Les redoux que nous avons vécus au mois de décembre ont apporté au safran un climat propice à la floraison.

« On a dû se dépêcher! Quand la fleur pousse, on a 24h pour récolter et extraire le pistil, car le lendemain une autre fleur va sortir du bulbe et ça va être à refaire », explique-t-il.

Cette année, c’est autour de 120 grammes de safran qu’a réussi à produire M. Lepage. Son objectif d’ici quelques années, serait d’être en mesure de produire un demi-kilo de safran par année.

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