Exposition Corpus au Musée de Charlevoix: quand tradition et contemporanéité se font écho

Par Emelie Bernier 2:42 PM - 23 juin 2021
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Le vernissage de l’exposition a réuni les représentants de Loto-Québec, du Musée de Charlevoix et la commissaire Andrée Matte.

L’exposition Corpus, qui ouvre ses portes le 23 juin au Musée de Charlevoix, témoigne des liens ténus, quoique parfois subtils, entre le travail des artistes d’aujourd’hui et celui des artisans d’hier.

Aux théières excentriques de Gary Merkel, la commissaire Andrée Matte a marié des théières anciennes tantôt fines, tantôt rustiques. À la dentelle de papier taillée dans la Une d’un quotidien de Myriam Dion, elle accole un cache-corset féminin à la dentelle de coton délicate. À une courtepointe aux carrés parfaits assemblés par une artisane, elle lie une œuvre de Guido Molinari au motif quasi identique. À des gravures de René Derouin se confondent les motifs de tabliers anciens.

La commissaire Andrée Matte a fait des trouvailles exceptionnelles qui l’ont ravie.

« J’ai voulu créer des liens entre le traditionnel et le contemporain, je trouve que ça permet une lecture beaucoup plus facile pour l’œuvre contemporaine. J’adore l’art contemporain et mon but dans la vie est de le rendre facile, accessible et intéressant aux visiteurs! Je donne des pistes de lecture. Toute ma vie, toute mes expositions tournent autour de ça!», explique Mme Matte.

La conception de cette exposition en temps de pandémie n’a pas été de tout repos, mais Andrée Matte est ravie du résultat. «Heureusement,  je connais bien la collection de Loto Québec.  Ça m’a aidée car monter une exposition sans voir les œuvres, ce n’est pas facile. Le contexte de la pandémie a complexifié l’expérience, mais au final, je suis très heureuse et l’équipe du Musée de Charlevoix a fait un travail extraordinaire. C’est quelque chose de découvrir et choisir des pièces en « Zoom », je ne pensais jamais faire ça!», commente la dame.

L’exposition se décline en huit thèmes comme le métal, le tissage, la dentelle, le perlage… Une œuvre de Nadia Myre, artiste aux origines algonquines, ouvre l’exposition et en orne le visuel. «Elle a fait du perlage sur les 54 pages de la Loi sur les Indiens, ou « Indian Act ». Loto Québec a deux de ces pages dans sa collection et c’est une œuvre très engagée, forte.  J’ai décidé d’aller dans l’opposé en présentant de petits sacs perlés des femmes mondaines, des années 1920, 1930. On a la même technique, mais mon Dieu qu’on dit autre chose! Un petit sac autochtone de la collection du Musée est là aussi», illustre, à titre d’exemple, Andrée Matte.

Les œuvres de chacun des neuf thèmes sont présentées selon le même principe.

Sylvain Gendreau, directeur du Musée de Charlevoix,  admet que l’art contemporain est rarement à l’honneur entre les murs de l’institution qu’il dirige, mais ce mariage l’enchante. « Je pense que c’est une exposition qui va séduire un vaste public, parce qu’il y a de très belles découvertes! »

L’été s’annonce chargé pour le Musée qui compte pas moins de sept chantiers en cours, dont des expositions au Jardin des Lilas de Cap-à-l’Aigle et au Fairmont Le Manoir Richelieu, une exposition virtuelle de photographies et un projet de livre pour enfants.

L’exposition Corpus est présentée jusqu’au 14 novembre.

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