Impôts 2020 : des conseils à ceux que la COVID a rendu plus riches

Par Karine Dufour-Cauchon 6:00 AM - 05 mars 2021
Temps de lecture :

Est-il possible que la pandémie vous ait fait gagner trop d’argent? Nous avons posé la question à un fiscaliste de Charlevoix. Voici ce qu’il en dit.

La COVID-19 n’a pas été seulement source de malheur pour le portefeuille de certains travailleurs. Ceux qui ont travaillé dans un domaine essentiel et qui ont reçu des primes en raison de la pandémie constateront à leur prochain rapport d’impôts que leur revenu a augmenté. Après ceux qui ont perdu des revenus, qu’advient-il à ceux qui en ont gagné plus qu’en temps normal?

Avoir gagné plus signifiera nécessairement que plus d’impôts seront payés. Ce n’est toutefois pas une si mauvaise nouvelle, croit le fiscaliste Daniel Morency.

Le spécialiste des finances au service de Aubé Pichette Anctil et Associés donne quelques conseils à ceux qui voudraient tirer le maximum de cette année fiscale particulière.

Daniel Morency est fiscaliste chez Aubé Pichette Anctil et Associés depuis déjà 10 ans. Le Charlevoisien s’est entretenu avec le comptable agréé de formation pour recueillir quelques conseils pour ceux qui ont vu leur revenu augmenter cette année. Photo courtoisie

Un revenu supplémentaire pourrait se traduire par une diminution de certaines prestations. En plus de devoir plus à l’État, vous pourriez voir des prestations diminuer, comme celles dédiées aux familles par exemple. Il suggère de surveiller cet aspect de vos finances pour le rapport à venir.

Pour le comptable agréé de formation, on ne peut pas «avoir gagné trop d’argent». «J’aime mieux avoir fait 100$ de plus et d’avoir à payer 40$ d’impôts dessus que de ne rien avoir gagné de plus. C’est quand même un 60$ de plus qu’en temps normal. C’est important de le voir comme cela. C’est la même chose du côté des dépenses. Si je fais une dépense de 100$ seulement aux fins d’impôts, cela reste une dépense. Même si elle est déductible à peut-être 30%, cela reste un 70$ en moins dans mes poches», partage-t-il d’abord.

L’impôt est un pourcentage, tient à rappeler le fiscaliste. Il faut rester optimiste et porter notre attention sur ce qui reste, plutôt que sur ce qui s’en va dans les coffres de l’État.

J’ai plus d’argent, que dois-je faire?

Que conseille-t-il aux gens qui ont eu des revenus supplémentaires cette année? Plusieurs options s’offrent aux contribuables, dépendant de leur situation professionnelle et familiale.
«Chaque situation est différente. Les Régimes enregistrés d’épargne-retraite (RÉER) sont une bonne option. Si vous avez des enfants, vous pouvez maximiser les Régimes d’épargne étude (RÉÉ) pour enfants. Cette option pourrait même vous donner droit à une subvention. On peut aussi payer ses dettes. Quand on paye une dette, on a un rendement sur les intérêts que nous n’aurons pas à payer dans l’année qui vient. Il faut toujours privilégier les dettes les plus hautes en premier», insiste-t-il.

Si on a une dette de cartes de crédit et qu’on ne peut pas en déduire certaines dépenses, car elles sont personnelles, on doit payer cette dette en priorité. Il est mieux de la payer que de prendre ce même argent dans un placement avec un rendement moins élevé que les intérêts que l’on devra à notre carte de crédit.

Ceci étant dit, les profils financiers ne sont pas divisés entre ceux qui font des placements et ceux qui règlent leurs dettes. Il est possible de faire les deux.

« Avoir une dette, ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas faire de placement. Ça prend un portrait global. Je conseille aux gens d’en parler à leur planificateur financier. Il va faire tout l’éventail d’options qui s’appliquent à leur situation», termine-t-il.

Cette année, la date limite pour cotiser au RÉER était le 1er mars 2020. La date limite pour remettre ses rapports d’impôts pour l’année fiscale 2020 est le 30 avril 2021. Les travailleurs autonomes, eux, doivent produire leurs rapports avant le 15 juin 2021.

 

Partager cet article