Le Jardin de Germaine déménage au Musée de Charlevoix

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Par Emelie Bernier
Le Jardin de Germaine déménage au Musée de Charlevoix

 

Un important don du collectionneur et mécène Richard Dubé vient ajouter une touche de couleur dans la cour du Musée de Charlevoix qui devient Le Jardin de Germaine en accueillant  quelques dizaines d’œuvres de l’artiste gaspésien Roland Joncas.

Richard Dubé est un passionné d’art populaire comme il s’en voit peu. « Je me suis toujours intéressé à l’art populaire.  J’ai fait ma thèse de maîtrise avec François Tremblay, qui a fondé ce Musée. J’ai donné beaucoup de pièces au Musée de Charlevoix », indique-t-il.

François Tremblay était présent lors de l’ouverture du Jardin de Germaine.

Richard Dubé a découvert Roland Joncas, un artiste de Caplan en Gaspésie,  alors qu’il avait loué une maison de vacances dans cette région et se baladait dans les environs.  Au fil des ans, il a acquis plus d’une centaine des œuvres de l’artiste gaspésien qu’il a semé chez lui, dans le jardin de sa femme Germaine, récemment décédée. D’où le nom de cette exposition permanente, Le Jardin de Germaine.

« C’est un véritable artiste, autodidacte, qui a une âme. À chaque fois, il assemble et donne vie à des pièces. Chaque animal a sa personnalité, son expression. C’est par des pièces de fer assemblées qu’il fait ça! Il y a une pureté dans son travail. Il est à la fois minimaliste et maximaliste. Il y a des choses très modernes dans son travail. Il ne reproduit pas, il crée quelque chose à chaque fois. Il n’a pas de modèle, il invente. Chaque pièce a sa singularité », admire M. Dubé.

Il a offert la totalité des œuvres de sa collection de Joncas au musée. « Ils en ont d’abord pris une trentaine pour cette exposition d’été, mais je donnerai la totalité. Je veux qu’elles puissent être connues, diffusées, dans un endroit qui les met en valeur. Ici, le décor les met en valeur, quelque soit la grosseur des pièces. Elles sont parties de la Baie-des-Charleurs pour s’installer dans la baie de la Malbaie », se réjouit le collectionneur.

Le directeur du Musée Sylvain Gendreau salue ce don important. «Ça fait un an et demi qu’on travaille avec M. Dubé. On voulait faire vivre ce legs rapidement. On a eu envie de faire une exposition qui va permettre aux gens de l’apprécier. Elle a été faite sous l’angle du recyclage, mais l’artiste ne le faisait pas pour recycler. Il était avant-gardiste. Cette année, on a 30 à 40 œuvres pour cette exposition qui sera permanente, mais dont certains éléments seront interchangés au fil du temps», précise M. Gendreau.

Les oeuvres colorées interpellent particulièrement les enfants. «Les enfants adorent ça! On est content car ça parle aux jeunes, c’est une de nos missions!», lance M. Gendreau.

Le Musée, qui célébrait ses 30 ans cette année, a remis à l’an prochain les  expositions prévues dans la programmation, par souci pour les partenaires. « On ne leur aurait pas donné une place de choix», explique-t-il. Le Musée a  plutôt investi dans la réalisation d’une exposition en phase avec l’époque inédite. «On voulait se rapprocher des gens pour notre 30e anniversaire, alors on a concocté l’Expo qui fait du bien pour laquelle on a demandé aux gens, « qu’est ce qui vous fait du bien en cette période? », et on a eu une réceptivité exceptionnelle. Ça nous permet de parler de Charlevoix dans un angle positif.» L’exposition devrait être dévoilée au public d’ici deux semaines. «Normalement, on prend environ 2 mois pour préparer une exposition et là, on l’a fait en 5 semaines, en impliquant toute l’équipe», résume le directeur général de l’institution. Le commissariat sera signé Julie Côté.

 

Un autre legs à venir

La générosité de Richard Dubé ne s’arrêtera pas avec le transfert des œuvres de fer de Roland Joncas. «Cette donation est importante et une autre, une grande collection de tapis crochetés, s’en vient aussi! C’est une collection développée depuis une cinquantaine d’années par quelqu’un à qui je l’ai achetée, puis  je l’ai complétée », indique le mécène. Il offrira de plus deux meubles de la fin du 18e siècle, fabriqués dans Charlevoix, à son musée préféré.

« C’est le musée de référence en art populaire! Les autres peuvent être des musées où on tient  compte de la dynamique de la culture populaire. Dans Charlevoix, on est au cœur de l’art populaire. On est capable d’étudier la progression et l’évolution de l’art populaire par la production de Charlevoix », constate-t-il.

Pour lui, cette forme d’art est un véritable témoin de la culture régionale fait par « des gens très simples, tant par les femmes que par les hommes,  qui ont été capables de s’exprimer dans tous les types des matériaux, surtout dans le domaine de la sculpture et de la peinture, mais aussi du textile, notamment .»

« On ne peut pas parler d’ici sans considérer l’art populaire.  Ce n’est pas uniquement la culture des estivants et des artistes de l’extérieur qui sont venus ici, c’est celle du peuple, des habitants du territoire », conclut Richard Dubé.

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