Chronique : « Chéri, peux-tu t’en aller en bas, s’il te plaît »

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Par Charlotte Paquet
Chronique : « Chéri, peux-tu t’en aller en bas, s’il te plaît »
Le bureau de confinement de notre journaliste, dans sa salle à manger.

Il était une fois une crise sanitaire planétaire qui bouleversa totalement la vie des gens, et qui la bouleversera encore pour un bon moment. Sur la Côte-Nord, le quotidien des journalistes a radicalement changé, quoique la base, elle, est demeurée intacte : informer.

Depuis le 16 mars (et jusqu’à quand, je l’ignore) mon environnement de travail n’est plus le même. Exit le bureau de la salle de rédaction du journal et mes collègues, bienvenue la table de la salle à manger et mon conjoint, du moins quand il n’est pas lui-même au travail.

Eh oui, j’ai choisi d’établir mes quartiers dans une aire commune, principalement en raison de la luminosité provenant de la porte patio tout à côté.

C’est donc à partir de la place où je m’installe normalement pour manger que je mène des entrevues au téléphone, participe virtuellement à des points de presse, des séances de conseils d’élus et rédige des textes. Très très occasionnellement, j’ai eu à sortir dans le public pour des prises de photos.

Obligée au télétravail, je remercie le ciel tous les jours de ne plus avoir d’enfants à la maison. La concentration aurait écopé s’il avait fallu que des petits mousses, ou des plus grands, s’activent à deux pas de moi. Évidemment, l’obligation de troquer mon environnement de travail lumineux pour une autre pièce de la maison se serait imposée.

Les premiers temps

Comme journaliste confinée, les premiers temps ont été un mélange d’adaptation et d’anxiété devant l’inconnu. Et ça, pas nécessaire d’être journaliste pour l’avoir vécu.

« Chéri, peux-tu t’en aller en bas », c’est ce que j’ai lancé à mon conjoint à quelques occasions pendant les deux premières semaines. Le seul bruit causé par le plastique de l’emballage de biscuits ou le son de l’eau coulant du robinet m’agressaient totalement. Puis je me suis calmée.

Je me souviendrai toujours d’un vendredi après-midi de début avril où j’ai entendu résonner la sonnette de la maison pour la première fois depuis le confinement. Un choc.

Après plusieurs journées à travailler dans le silence monastique ou presque, à écouter le triumvirat Legault-Arruda-McCann nous supplier de rester chez nous et à ne pas visiter fille, gendre et petits-enfants, voilà qu’un inconnu s’annonçait sur le pas de la porte. Aller ouvrir pratiquement sur le qui-vive. C’est fou, non?

Après le confinement

La vie a repris son cours d’une certaine façon.

Aujourd’hui, après deux mois marqués par une profusion incroyable d’informations à partager, à 99 % reliés à la fameuse pandémie, j’ai découvert de bons côtés au télétravail, comme de mettre au four deux petits poulets à 14 h en prévision du souper ou de travailler en mou et les cheveux hirsutes.

Mais le véritable retour à la vie normale est attendu. Un jour…

 

 

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