Maison Lapointe : le maire de Clermont donne environ un mois aux promoteurs culturels

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Par Karine Dufour-Cauchon
Maison Lapointe : le maire de Clermont donne environ un mois aux promoteurs culturels
Des promoteurs culturels qui voudraient entamer une restauration de la Maison Lapointe de Clermont doivent de manifester d'ici 4 à 6 semaines à la municipalité de Clermont. (Archives)

Des promoteurs culturels qui voudraient entamer une restauration patrimoniale de la Maison d’Alexis Lapointe de Clermont doivent de manifester leur intérêt d’ici 4 à 6 semaines, estime le maire de Clermont, Jean-Pierre Gagnon. 

Selon l’élu, ce n’est qu’une question de temps avant que les ruines ne deviennent un enjeu de salubrité. « Nous n’avons pas beaucoup de temps devant nous, commente-t-il d’abord en entretien avec le journal. Avec l’eau, la dégradation qu’il y a eu lors de l’incendie, les senteurs qui s’en viennent à cause des moisissures, ce sera tantôt un enjeu de salubrité publique et de sécurité publique. On ne peut pas demander à la famille de garder cela comme cela tout l’été. C’est déjà généreux de leur part de l’avoir laissée intacte pendant deux mois », explique M. Gagnon.

Il soutient que si personne ne se manifeste d’ici quatre à cinq semaines pour prendre en charge un projet ficelé financièrement, la ville se retira des démarches. « Nous aviserons la famille Lapointe et la compagnie d’assurance qui les représentent que nous, la Ville, c’est terminé. Ils la détruiront à leur guise », explique le maire.

M. Gagnon tient à clarifier que la position de la Ville de Clermont n’est pas « anti-patrimoniale » pour autant. Elle a bien l’intention de commémorer la mémoire d’Alexis Lapointe, grand bâtisseur de la Société des Vingt-et-un.

« Avant que la maison ne soit incendiée, la Ville avait déjà manifesté son intérêt aux propriétaires de l’endroit à en valoriser le patrimoine qu’elle représente. On aurait pu monter un projet, aller chercher des subventions et avoir du temps pour faire le tout. Toutefois, depuis l’incendie, ce n’est pas du tout le même dossier. Pour être entré dedans, c’est très endommagé. C’est carbonisé à la grandeur, les planchers sont instables à certains endroits.  Avant toute étape de restauration, il y a une grande étape de contamination à faire, c’est assez dispendieux. Il faut solidifier la structure, la toiture, les fenêtres et j’en passe. On peut estimer que c’est un travail de 200 000$ minimum. Au nom du conseil municipal, je soutiens que c’est beaucoup trop dispendieux pour nous. Par contre, nous serons ravis de venir en appui à des projets de mécènes ou d’organismes, comme ça se voit ailleurs. On est prêt à être partenaire. On ne sera toutefois pas le promoteur majeur », complète-t-il.

Appel à l’aide auprès de la ministre de la Culture

La Fédération Histoire Québec, a, pour sa part, demandé l’aide du ministère de la Culture. Dans sa missive envoyée à la ministre Nathalie Roy, on demande d’émettre un avis d’intention de classement pour éviter la démolition de la maison.

Cette démolition constituerait une perte importante pour le patrimoine de Charlevoix et pour le Saguenay, avance la FHQ. « En effet, la maison Lapointe a d’abord été la propriété d’Alexis Tremblay dit Picoté (1787-1859), fondateur de la Société des 21, société ayant permis la colonisation du Saguenay au 19e siècle. La maison Lapointe a également été habitée par Alexis Lapointe dit le Trotteur (1860-1924), personnage légendaire ayant suscité nombre de publications, d’expositions et d’écrits au Québec. Construite au début du 19e siècle, il s’agit d’une maison relativement cossue ayant conservé sa volumétrie d’origine » explique la missive envoyée à la ministre.

 

 

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