Les proches aidants: antidote à l’angoisse

Par Emelie Bernier 7:45 AM - 13 mai 2020 Initiative de journalisme local
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Depuis le 11 mai, les résidences pour aînés ont l’obligation d’ouvrir leurs portes aux proches aidants reconnus comme tels selon les critères établis par le ministère de la Santé et des services sociaux.  Leur présence est encadrée de façon stricte, mais les bienfaits de leur présence sont considérables et désormais reconnus.

Le cas de Renée et Jean-Paul Bergeron

Renée Bergeron est la proche aidante de son père Jean-Paul, mais elle a récemment dû insister pour faire reconnaître son statut afin de continuer d’offrir son soutien à son père. Ce dernier habite dans une résidence pour personnes âgées où la plupart des pensionnaires sont autonomes. Père et fille accueillent avec soulagement le déconfinement progressif.

«Mon père est autonome, mais il a 90 ans. Il a eu un cancer du larynx, la communication est difficile. J’habite à 3 minutes de la résidence, alors quand il ne se sent pas bien, qu’il fait des crises d’angoisse, il peut m’appeller, 24h sur 24h. Je veux être là pour lui, mais avec le confinement, ça n’a pas été évident », indique Mme Bergeron.

Au début de la pandémie, il lui était interdit de s’approcher de son père, ce qui a occasionné à ce dernier beaucoup de stress.

« Les premières semaines, on allait le visiter à distance en raquette via son balcon ou sinon dans le stationnement. Il a eu un épisode d’angoisse une journée où on n’avait plus le droit du tout d’y aller et quand la cuisinière est allée le voir, il lui a dit « appelez l’ambulance ». Sous aucune considération on ne voulait qu’il aille à l’hôpital! », explique celle qui a réussi à le calmer au téléphone et à éviter un déplacement inutile et potentiellement risqué de surcroît.

Peu de temps après, elle est parvenue à être déclarée proche aidante, mais n’abuse pas de son droit. « Je n’en fais pas une exagération, parce que je ne veux pas que les autres résidents se sentent floués. Juste de savoir que je pouvais y aller en cas de besoin, ça a rassuré mon père énormément », dit-elle. Ses frères et sœurs sont aussi apaisés  de savoir qu’elle peut prendre soin de leur paternel au besoin.

Renée Bergeron réalise qu’elle est privilégiée de pouvoir rendre visite à son père. « C’est terrible pour les résidents. Ils s’ennuient terriblement. Il y a une incompréhension, aussi, étant donné qu’on n’a jamais vécu quelque chose comme ça. Mon père, il est allumé, il suit l’actualité, il a 90 ans, mais il y a une incompréhension, je le vois dans ses yeux… Imaginez ceux qui ont des troubles cognitifs,  comment ils doivent se sentir abandonnés. C’est épouvantable! », lance Mme Bergeron.

 

 

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