Angoisse et détresse chez les chômeurs de Charlevoix

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Par Karine Dufour-Cauchon
Angoisse et détresse chez les chômeurs de Charlevoix
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Le « trou noir » dans les revenus des prestataires d’assurance-emploi s’accompagne toujours d’une part d’angoisse. Julie Brassard, directrice générale du Mouvement Action Chômage de Charlevoix, confirme que la détresse est encore plus présente en ces temps de pandémie internationale.

Le Mouvement Action Chômage de Charlevoix (MACC) a l’habitude des coups durs, mais la COVID19 complique davantage les choses. Alors que de nombreux travailleurs saisonniers sont en plein trou noir, plusieurs doivent apporter des changements à leur dossier.

« Au début de la crise, nous recevions une cinquantaine d’appels par jour, explique Mme Brassard. Ça a vite déboulé à plus d’une centaine d’appels par jour de gens qui ont plusieurs questions et impasses. C’est extrêmement difficile au téléphone. Beaucoup souffrent à l’autre bout de la ligne, on le sent. On est impuissant !»

Les difficultés s’accumulent tout comme les cas particuliers. La directrice générale soutient que plusieurs n’ont plus de revenus depuis deux semaines, voire un mois.

« Tout le monde qui a une demande à modifier, une déclaration d’un montant à faire, un dossier à débloquer pour toutes sortes de raisons, ils ne peuvent pas le faire. Tant qu’ils n’ont pas parlé à un agent, ils ne peuvent rien faire, c’est la seule solution », témoigne-t-elle.

La plupart des ressources du gouvernement ont été dirigées vers la gestion de la prestation canadienne d’urgence, selon elle.

« Les gens essaient d’appeler et personne ne leur répond. Toutes les ressources du gouvernement ont été redirigées vers l’aide d’urgence en lien avec la COVID-19. Beaucoup de gens sont en détresse comme ils ne réussissent pas à avoir la ligne. Ça s’amplifie, surtout quand ils voient que plusieurs commencent à recevoir leur prestation. On fait presque plus de relation d’aide que de l’information pour les aider à comprendre leur dossier », soutient Mme Brassard.

Elle invite les prestataires qui vivent ces situations à ne pas abandonner. « Il faut continuer d’appeler, vous n’avez pas le choix. Il n’y a pas d’autres options. Je souhaite que le gouvernement réattribue des ressources aux dossiers bloqués », conclut Julie Brassard.

Travailleurs saisonniers admissibles

Au moment d’écrire ces lignes le 11 avril, le gouvernement du Canada venait d’annoncer que les travailleurs saisonniers qui ne peuvent retourner sur le marché du travail en raison de la pandémie seront aidés. Ceux qui devaient reprendre le travail dans des industries comme le tourisme ne le pourront probablement pas, puisque tout sera au ralenti cet été. Ils seront cependant admissibles aux versements de 2000$ par mois de la Prestation canadienne d’urgence (PCU).

Un soupir de soulagement a été entendu à la tombée de l’annonce, alors que le phénomène du trou noir est bien installé au Québec et dans les provinces atlantiques. Avant l’arrivée de cette nouvelle information samedi, Julie Brassard, directrice générale du MACC, soutenait que l’angoisse grimpait en raison de cette inadmissibilité (voir l’autre texte dans cette page). Pour connaître l’évolution du programme de PCU et ses différentes modalités, restez à l’affût et suivez les nouvelles sur notre site internet www.lecharlevoisien.com .

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