Chronique : À Noël, je me fais un cadeau

Par Gilles Fiset 10:08 AM - 30 décembre 2019
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Si vous êtes comme moi, les airs de Noël qu’on entend un peu partout dès les premiers jours de décembre, et quelquefois plus tôt encore, hélas, font apparaître d’étourdissants « signes de piastre » dans votre tête.

Chaque année, on se promet de ne pas trop acheter de cadeaux, d’être pratique et écologique, de ne pas se laisser tenter par le superflu, de résister aux publicités de toutes sortes qui nous poussent vers cette boulimie consumériste qui donnera la gueule de bois à notre porte-monnaie au début de la prochaine année.

Mais on se laisse avoir, tout le temps ou presque, par amour, mais aussi et surtout par obligation sociale.

D’ailleurs, pour Marcel Mauss, considéré comme le fondateur de l’anthropologie française, il y a dans le fait de donner et de recevoir un contrat social qui permet d’être accepté dans une société. Un genre de « je te donne, tu me donnes, on est ami ».

Et on veut tous « faire partie de la gang ». Tellement qu’on n’hésite pas à s’endetter, quitte à rembourser plus tard, beaucoup plus tard quelquefois… Et ce pour voir des yeux s’embuer, des regards s’animer et aussi pouvoir, secrètement, « être fier de notre coup ».

Au sein de notre système basé sur le rapport de force économique, la valeur pécuniaire du don, c’est-à-dire le prix du cadeau, fait souvent et malheureusement état de sa valeur et du « comment tu vas te sentir le reste de la soirée ». En effet, qui n’a pas passé une veillée de Noël à essayer de ne pas avoir l’air « cheap » en essayant de justifier un cadeau donné peu onéreux par rapport à celui reçu? « Oui, oui, ce sont des bas de laine, mais ils sont tellement beaux et chauds et tu te plains tellement de geler des pieds. Ce n’est pas comme un iPad, mais c’est pratique ! »

Qui ne s’est jamais reproché de ne pas avoir été assez généreux à Noël en se promettant de se rattraper à une autre fête?

Disons-le tout haut, les cadeaux de Noël sont un rituel qui coûte cher, qui nous empêche de jouir de la vie durant le mois de janvier et même jusqu’en février (tiens, c’est déjà la Saint-Valentin !), mais qui est tellement profondément ancré dans notre mode de vie qu’on ne peut s’y soustraire.

Alors, tant qu’à y être, plongeons à pieds joints dedans et essayons de se faire un énorme cadeau, donner beaucoup pour recevoir autant sinon plus, tôt ou tard. Une façon bien simple de s’assurer un retour d’ascenseur dans les semaines ou les mois à venir, sous une forme ou une autre.

Il faut juste faire attention à ce que l’immanquable gueule de bois du porte-feuille qui suivra ne soit pas trop pénible à supporter…

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