Résolu menacé par la rareté des copeaux

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Par Karine Dufour-Cauchon
Résolu menacé par la rareté des copeaux

Comment peut-on demander à un pâtissier de faire une tonne de gâteaux, sans farine ? C’est dans cette optique que le directeur général de Produits forestiers Résolu, Jean-Pierre Bouchard, approche les sphères politiques pour dénouer l’impasse qui touche l’approvisionnement de « sa cuisine » à papier.

L’usine de pâtes et papier de Clermont se retrouve encore une fois incertaine de son avenir. Cette fois, ce n’est pas la demande des marchés internationaux qui inquiètent, mais bien l’approvisionnement de sa matière première, les copeaux de bois.

M. Bouchard explique que le marché du bois d’œuvre n’est pas assez vif pour produire une quantité satisfaisante de copeaux, qui alimentent plusieurs usines du Québec.

L’importation de copeaux d’Abitibi et de la Côte-Nord engendre des coûts rendant moins rentable la production. « Nous achetons tous les copeaux qui sortent de la scierie de Saint-Hilarion, soyez-en assurés. Mais ce n’est pas suffisant. Comme c’est une denrée de plus en plus rare et que Clermont est éloigné des scieries, les autres se servent et notre usine finit par avoir «les restants », de moindres qualités », expose d’abord le dg.

Dans ce contexte incertain, Résolu fait pression auprès du gouvernement pour adopter une alternative. Jean-Pierre Bouchard désire exploiter les fibres des conifères actuellement attaqués par l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE).

« On demande au gouvernement de nous donner accès au bois attaqué par le TBE, avant qu’il ne pourrisse où qu’il ne tombe. On sait, la maladie de ces arbres est en progrès et que ce n’est qu’une question d’années avant que ce bois-là ne soit plus récoltable. On peut en faire des copeaux pour notre usine et le récupérer », explique le gestionnaire.

C’est près de 84 000 cordes de bois (300 000 mètres cubes) en copeaux annuellement que l’usine a besoin pour fonctionner.

Travailleurs inquiets

Les quelque 160 employés de l’usine clermontoise sont affectés par l’incertitude qui frappe encore leur lieu de travail. « C’est long et c’est inquiétant d’être en attente de réponses. C’est sûr qu’ils posent des questions et qu’eux aussi sont inquiets. Je dis à mes travailleurs ici qu’il faut en faire fit, et qu’il faut continuer à faire rouler l’usine malgré tout », soutient ensuite M. Bouchard.

Il désire d’ailleurs faire un appel à la population. « On demande aux gens de la région de nous appuyer. On veut que les gens soient au courant du dossier, qui est majeur pour la région. On veut que les gens qui prennent des décisions comprennent qu’ils tiennent l’avenir de pas mal de monde entre leurs mains », conclut-il.

On ignore si les ministères de l’Énergie et des Ressources naturelles, des Forêts, de la Faune et des Parcs répondront à la requête d’ici les Fêtes.

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Johanne
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Bernard lavoie
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Bernard lavoie

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carol tremblay
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carol tremblay

pourquoi ne prennent ils pas du bois de Charlevoix , c est vrai que le rendement de ce bois est de 85 % au lieu de 94 % du bois du52 ieme parallèle mais il sauverait au moins le transport , là on voit que personne s occupe de se malaise et qu un jour on mettra la clé sur la porte ce n est pas qu aujourd hui qu on a des deux de pique qui nous gouvernent