Prévention du suicide : les appels des moins de 13 ans augmentent… et inquiètent

Par Karine Dufour-Cauchon 3:50 PM - 05 novembre 2019
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Renée-Claude Laroche, directrice du CPS Charlevoix, témoigne que son organisme a à intervenir de plus en plus avec des enfants de moins de 13 ans.

Les jeunes de moins de 13 ans manifestent de plus en plus de comportements suicidaires, ce qui n’est pas sans préoccuper la directrice générale du Centre prévention suicide (CPS) de Charlevoix, Renée-Claude Laroche.

De plus en plus de parents cognent à la porte du CPS pour avoir des réponses sur les comportements de leurs enfants. « Il y a de plus en plus de demandes d’aide de la part des parents. Avant, c’était tellement marginal qu’on cherchait plus à référer à d’autres organismes. Maintenant, ça a pris de l’ampleur. On constate une augmentation de la détresse le milieu scolaire, et on doit comprendre pourquoi. On doit s’équiper pour savoir de quoi on parle et comment intervenir », a lancé Mme Laroche.

Elle enchaîne en précisant que cette clientèle demande des interventions spécifiques. « On commence à se documenter sur ces types d’intervention. Les 14 à 17 ans, c’est relativement les mêmes outils d’intervention, mais avec des spécificités liées à leur âge. Cependant, les 13 ans et moins , il n’y a pas grand-chose qui existe au Québec à ce niveau-là. De 7 à 9 ans, on touche au développement psychologique de l’enfant, sa compréhension de la mort, il y a plein d’éléments qui entrent en jeu, c’est complexe ».

L’organisme veut être en mesure de pourvoir en conséquence, mais il ne peut aller dans cette direction par manque de ressources. « Nous n’offrons pas officiellement de services pour les jeunes, mais nous répondons toutefois aux parents qui nous interpellent. On veut élargir notre mission, pour être capables de livrer nos services de crises aux adolescents et aux plus jeunes. On ne peut cependant pas le faire avec nos ressources actuelles. Les intervenantes sont déjà bien occupées par la demande et nous ne voulons pas les mettre en détresse. Ça n’aiderait personne », a-t-elle déclaré ensuite.

Le CPS n’a toutefois pas encore de chiffres pour quantifier la tendance. « On vient de commencer à documenter le problème. Nous cumulons nos interventions seulement depuis avril. On pourra faire un portrait plus précis de la situation lors de notre prochain rapport d’activités 2019-2020 », a clarifié la directrice.

La bonne nouvelle

Le gouvernement du Québec, ainsi que la commission scolaire devront être des partenaires de première ligne selon la directrice. Elle se réjouit d’ailleurs de la récente annonce de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, qui stipule que le Québec veut se doter d’une stratégie nationale de prévention du suicide.

« C’est un pas dans la bonne direction. On verra ce qui sortira de cette consultation. La ministre McCann a assuré qu’elle travaillera avec les CPS régionaux. Ça va prendre de la recherche et du financement à l’échelle de la province pour équiper les pôles régionaux, que ce soit pour intervenir auprès des enfants où toutes les tranches d’âges », conclut Renée-Claude Laroche.

Pour ses activités 2018-2019, le CPS de Charlevoix a procédé à 1 624 interventions auprès de personnes en crises suicidaires, proches, endeuillées, ou intervenants. Depuis 2017, 568 personnes ont reçu la formation de prévention « Sentinelles de Charlevoix ».

Le CPS de Charlevoix vous invite à faire appel à ses services spécialisés, rapides, directs, gratuits et confidentiels du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 au 418 665-0096. Il est possible de composer en tout temps le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553).

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