Un documentaire sur Yolande Simard Perrault en première charlevoisienne

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Par Emelie Bernier
Un documentaire sur Yolande Simard Perrault en première charlevoisienne
(Photo : Christian Mathieu Fournier)

 

Bien qu’ayant vagabondé aux quatre coins du territoire avec son cinéaste et auteur de mari, Pierre Perrault, Yolande Simard Perrault n’a jamais vraiment quitté Charlevoix. Décédée il y a quelques mois, elle s’était prêté au jeu du documentaire avec les réalisateurs Nadine Beaudet et Danic Champoux. La fille du cratère sera diffusé dans le cadre du Symposium international d’art contemporain le 16 août

« C’est difficile de parler d’elle au passé », glisse d’emblée Nadine Beaudet, que la rencontre avec Mme Simard Perrault a profondément marquée. «Yolande, c’était l’émerveillement ! C’est ce qu’elle a partagé avec nous», ajoute la réalisatrice.

Tous deux récipiendaires d’un prix Pierre et Yolande Perrault pour un de leurs films,  Nadine Beaudet et Danic Champoux ont répondu à une intuition lorsqu’ils se sont lancés dans l’aventure de ce documentaire. «On sentait qu’elle et Pierre partageaient beaucoup, qu’il y avait une cause commune. Elle n’était pas derrière Pierre,  mais à côté de lui. Elle avait un effet sur lui qu’elle a eu aussi sur nous, cette énergie qui lui provenait de l’impact du météorite, comme elle se plaisait à le dire, et qu’elle nous transmettait au fil des moments passés avec elle. On ne peut résister à cela. C’est stimulant, fondamentalement. Son impact est immense», avance la documentariste.

C’est Yolande Simard, d’ailleurs,  qui a ouvert les portes de la région à son amoureux et compagnon de vie irremplaçable, donnant lieu à ces phares de la cinématographie québécoises que sont la trilogie de L’Isle-aux-Coudres, coréalisés avec Michel Brault.

L’expression « la fille du cratère » vient d’elle.  «Yolande était fascinée par la météorite. C’est une cueilleuse de plantes, de pierres. On l’a accompagnée dans cette quête de traces, à travers ses racines à elle », indique Mme Beaudet. Cette quête plus large sur la question identitaire sous-tend le documentaire. « Elle s’intéresse à l’identité, mais pas de manière politique. Toutes les questions identitaires qui sont souvent galvaudées deviennent universelles avec elle. Elles  n’appartiennent pas à une clique, une nation, une communauté », résume la réalisatrice, admirative. Martin Brisson et Jean-Michel Castonguay participent notamment au documentaire qui fait la part belle à cette femme lumineuse et généreuse qui comptait de nombreux amis sur L’Isle-aux-Coudres et dans Charlevoix.

Le décès de Yolande Simard Perrault attriste la co-réalisatrice, mais elle se console en se disant que la dame a pu voir le film et recevoir beaucoup d’amour dans les derniers mois. « Elle était avec nous lors de la première, elle a aussi vu le film à Sherbrooke, elle devait être à Baie-Saint-Paul, mais la vie en a décidé autrement. On la croyait éternelle», glisse Nadine Beaudet. La fille du cratère l’immortalise à sa façon.

Après sa présentation charlevoisienne au Symposium international d’art contemporain (vendredi 16 août à 20h), le film sera projeté au Festival des Percéides en Gaspésie et sur les écrans des cinémas à partir du 13 septembre.

 

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