Chronique de Francis Savard-Leduc: Saint-Siméon ne mourra pas

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Par Francis Savard-Leduc
Chronique de Francis Savard-Leduc: Saint-Siméon ne mourra pas
(Photo : Courtoisie Saint-Siméon)

Les études démographiques c’est rarement stimulant à lire. Quand elles ne laissent pas entrevoir un avenir reluisant, ce n’est pas tellement plaisant. Les interprétations de celles-ci sont par contre toujours divertissantes : 2025 ne sonnera pas le glas de Saint-Siméon.

Chaque fois que j’y passe ça ne change pas des tonnes. Je me revois encore jouer au ballon-chasseur dans la cour d’école. Pédaler jusqu’au parc pour les pratiques de soccer. La plage est encore là pis le ruisseau aussi. Ça semble juste pas mal moins vivant qu’avant. Les évènements sont plus rares, de moins grandes envergures et ça attire, évidemment, un peu moins de gens chaque année en dépit des efforts consentis.

Quand on parle de dévitalisation des régions, ça ressemble à ça. Ce n’est pas seulement économique, c’est humain. On assiste tôt ou tard à de nouveaux départs et les rues se vident, comme l’école du coin alors qu’elle n’était déjà pas à sa pleine capacité. Mais dans le cas particulier de MON village, quelle surprise ce fut pour moi de lire cette « interprétation » d’une étude de l’ISQ, au courant de la semaine dernière.

C’est poignant quand on parle de nous, de quelque chose d’aussi près du coeur que notre village, pour y annoncer une catastrophe. Une fois le choc passé, il faut garder la tête hors de l’eau. Je ne suis pas d’accord avec l’échéancier qu’a donné M. Pierre Bernier, l’expert en question, mais je lui accorde le mérite d’avoir abordé un sujet chaud dans un moment bien opportun, en mettant l’accent sur la nécessité d’une intervention gouvernementale. Dans les dernières années, les régions furent dépouillées d’une bonne série d’outils et de services au profit de l’urbanisation. Il est temps de les réhabiliter, mais ça passe aussi par une volonté locale.

Parlant de volonté, êtes-vous passés à Saint-Siméon dernièrement? Les cinq dernières années ne laissent certainement pas entrevoir une fermeture municipale.

Au contraire, on semble bien actifs pour déployer de nouveaux services et améliorer ceux qui sont existants, particulièrement au coeur du village, un secteur laissé à lui-même pendant des années. Dans une certaine mesure, ça ne peut qu’être frustrant de se voir condamner par des chiffres alors que l’on met la main à la pâte quotidiennement pour éviter le sombre portrait qui se dresse à l’horizon.

La plage de Saint-Siméon fait le plaisir de nombreuses familles.

Et puis c’est tellement beau Saint-Siméon. Le dénivelé du village offre des prises de vues exceptionnelles. La villégiature est encore bien présente dans une communauté aux couleurs vives, exactement à mi-chemin entre le fleuve et les montagnes. Tous mes souvenirs d’enfance y sont logés et j’aurais donc aimé avoir la sagesse d’en profiter un peu plus à l’époque.

Baie-des-Rochers

La solution est peut-être juste sous notre nez, qui sait ? Ce village devrait être une plaque tournante, alors qu’il est situé à l’entrée de la route 170 pour le Saguenay, de la Côte-Nord par la 138 et qu’il est relié au Bas-Saint-Laurent par l’un des plus importants traversiers à l’Est-du-Québec. Si les plus grands aéroports au monde sont rarement nos destinations finales, on a assurément le potentiel de devenir la plus belle et grande halte routière au Québec.

Chose certaine, ça prendra un sacré travail pour revitaliser certaines régions, en Gaspésie par exemple, et ce n’est pas gagné d’avance. En attendant, je m’attendrai à revoir les mêmes visages familiers à l’épicerie, au quai et au centre des loisirs si l’occasion se présente, bien au-delà de 2025. Saint-Siméon, je t’aime. Lâche pas.

 

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Germain

Moi je passe régulièrement a saint-Siméon et jamais sans arrêter au restaurant ou a l’épicerie ou prendre le Bateau,je ne crois pas qu’il va disparaître