Motoneiges sur l’eau : pas de commanditaire, pas de courses

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Par Gilles Fiset
Motoneiges sur l’eau : pas de commanditaire, pas de courses

Le président du Circuit de courses de motoneige sur l’eau, André Fortier a été clair au téléphone. Sans l’appui d’un commanditaire majeur pour l’aider à défrayer une partie des couts de l’évènement, il ne reviendra pas dans la région.

C’était le second passage dans Charlevoix du Circuit de motoneiges sur l’eau du Québec samedi à Notre-Dame-des-Monts.
Les 35 pilotes d’un peu partout au Québec, dont 3 ou 4 de la région, se sont disputé les bourses à travers une dizaine de classes différentes. Et plusieurs types d’épreuves, dont des courses en ovale, un concours de sauts et des courses d’accélération.

Seulement 335 personnes auraient assisté aux courses de motoneige sur l’eau présentées sur un lac privé du rang Saint-Antoine. Beaucoup trop peu, selon M. Fortier. « Ça m’a couté entre 4 000 et 5 000 $ pour venir dans Charlevoix. Pour être rentable, ça me prend au moins 600 personnes, gros minimum. Ça coute beaucoup d’argent organiser un évènement comme ça et en plus, on donne 5 000 $ de bourses aux pilotes. Les inscriptions des pilotes aident à payer les frais, mais ce n’est pas suffisant », estime-t-il en ajoutant « qu’on est à la recherche d’un gros commanditaire pour l’an prochain sinon, on y retournera plus ».

Les organisateurs espéraient recevoir plus de 1 000 personnes, mais le ciel ennuagé de la matinée et les quelques averses en auraient découragé plus d’un, pensent-ils. Mais la météo n’expliquerait pas complètement le peu d’engouement de la région pour l’évènement pense M. Fortier qui n’a reçu que 500 personnes l’an dernier.

Pourtant, le lac artificiel où sont présentées les courses est un des rares endroits idéals au Québec, d’après lui. « Ici, c’est une très belle place, les maisons sont loin. C’est important pour nous parce qu’on ne veut pas déranger personne. On a même une carrière à côté qui sert de stationnement. Les places comme celle-là, il faut les chercher au Québec », termine-t-il.

Comment ça marche

Même si certains font les courses avec des motoneiges flambant neuves, la plupart se servent de machines usagées. Les orifices d’aération et le phare avant sont presque tous bouchés puis scellés avec du mastic pour garder le moteur à l’abri de l’eau. On modifie aussi un peu les patins avant et on allonge aussi l’arrière pour améliorer les performances sur l’eau. Finale-ment, il faut rendre le bolide le plus léger possible. Le réservoir à essence est remplacé par un bidon de plastique et le siège est enlevé (les pilotes sont debout la plupart du temps).

Presque à chaque course, un des pilotes sombre dans l’eau avec son engin. La motoneige est alors repêchée par une barge munie d’un treuil hydraulique, tandis que le pilote monte de lui-même dans la barge. Le bolide est amené sur la plage où on l’ouvre et on assèche le moteur. En moins de dix minutes selon M. Fortier, le bolide est prêt à repartir.

Pour s’assurer de flotter, les pilotes doivent s’assurer de constamment avancer et faisant tourner la chenille sous la motoneige le plus rapidement possible pour garder leur portance sur l’eau.
Jean-Luc Harvey de Sainte-Agnès est un adepte de ce sport inusité. Depuis deux ans, il fait de la motoneige sur l’eau au lac artificiel sur lequel se déroule la compétition. «On pense que piloter sur l’eau, c’est la même chose que dans de la neige poudreuse, mais pas du tout. L’eau est beaucoup plus dure que la neige et il faut adapter sa conduite en conséquence particulièrement dans les virages» assure-t-il.

Quelques coureurs de Charlevoix ont participé aux courses, mais aucun n’est monté sur le podium.

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