Le Mur des rapaces suite 3 de René Derouin: l’être humain, le pire des rapaces

Photo de Gilles Fiset
Par Gilles Fiset
Le Mur des rapaces suite 3 de René Derouin: l’être humain, le pire des rapaces
René Derouin devant Le mur des rapaces.

Le Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul présente Le Mur des rapaces suite 3 de René Derouin, une exposition de l’artiste engagé qui fait réfléchir sur les déséquilibres de la société actuelle et les divisions imposées entre les peuples.

Le Mur des rapaces suite 3 est composée de quelques œuvres sur papier, mais surtout de quatre toiles de très grandes dimensions, dont la pièce maitresse qui lui donne son nom, Le mur des rapaces, déjà à sa troisième présentation publique après le Mexique et Val-David au Québec.
Toutes trouvent leur inspiration picturale dans la migration, le train, mais surtout les oiseaux, les rapaces en particulier.

C’est l’élection de Donald Trump et l’annonce de la construction de son mur qui ont inspiré René Derouin, un humaniste ayant horreur de l’injustice. Il ne peut comprendre que l’on cherche à diviser l’Amérique, lui qui séjourne régulièrement au Mexique en plus d’y avoir étudié.

Les oiseaux qui migrent vers le sud et reviennent au nord, le train qui réunit les peuples et les migrants qui se déplacent représentent tous la liberté sur ses toiles, l’inverse du mur. Un mur installé par des rapaces, selon l’artiste. « J’ai toujours été fasciné par les oiseaux et depuis 2014, ce sont les rapaces qui occupent mon attention. Dans la nature, ce sont des oiseaux qui mangent tous ce qu’ils peuvent y compris d’autres oiseaux, mais c’est pour se nourrir. Quand ils ont mangé à leur faim, ils attendent au lendemain. Il y a un équilibre naturel. Les humains eux aussi ont des rapaces, les rapaces financiers qui mangent pour accumuler et ne sont jamais satisfaits. Ils finissent par briser les sociétés et sont à la base de la plupart des grands problèmes sociaux », expose l’artiste.
Les 19 000 statuettes
Grâce à de nombreuses photos d’époque, on fait aussi un bref rappel du largage dans le fleuve Saint-Laurent de 19 000 statuettes de terre par M. Derouin, dont 16 000 entre Baie-Saint-Paul et L’Isle-aux-Coudres, en 1994. Celles-là mêmes qui avaient servi pour son œuvre Migration exposée deux ans plus tôt à Mexico. Un genre de retour au fleuve de l’artiste, un rituel personnel devenu public, comme il a lui-même expliqué dans un article du magazine Destination Charlevoix.
Une date à retenir
Le 14 septembre, pour les 60 ans de carrière de René Derouin, l’artiste animera une visite guidée du Phare, une de ses œuvres installée à L’Hôtel Le Germain Charlevoix, en plus d’assister à la première du documentaire de Julie Corbeil lui étant consacré. Les commissaires mexicain et québécois de l’exposition Le mur des rapaces, Pascale Beaudet et Jose-Manuel Springer, seront présents pour l’occasion.
Les couleurs de Jacques Hurtubise
Comme deuxième exposition, le Musée d’arts contemporains propose Quand la lumière s’éteint elle revient en noir, une rétrospective de l’œuvre de Jacques Hurtubise, un ténor de l’art abstrait influencé par les mouvements artistiques américains depuis les années 1960 et dont leurs couleurs éblouissent agréablement l’œil.
On y présente une quinzaine d’œuvres réalisées entre 1962 et 1986 qui démontrent la transformation du style de l’artiste tout au long de ces trois décennies qui n’a jamais sans jamais renié sans matériel de base, la couleur.
Les deux expositions sont à l’affiche jusqu’au 3 novembre.

Une des œuvres de Jacques Hurtubise présentée au MACBSP: Roxie

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