Le Festif ! fait une scène… flottante !

Photo de Emelie Bernier
Par Emelie Bernier
Le Festif ! fait une scène… flottante !

« Hey, fais-tu frette, on est tu ben juste en coton ouaté ? », entonneront Bleu Jeans Bleu le 19 juillet au Festif ! Leur public, les fesses bien calées dans des kayaks ou des chambres à air, entonnera sans aucun doute en chœur cette ritournelle ver d’oreille alors les coqueluches de l’heure se dandineront sur une scène flottante au beau milieu de la rivière du Gouffre !

Dernier « flash » en liste de la créative tribu Festif !, la scène flottante trottait dans la tête de Clément Turgeon depuis plusieurs années.  «C’était un fantasme de faire des shows sur l’eau. On avait fait un show sur le muret devant la murale près de la caisse et on avait eu l’idée de faire une scène avec des pontons, mais le concept était un peu broche à foin…On a remis ça, mais on ne l’a pas perdu de vue. On essaie tellement d’occuper tous les sites, le prochain était naturellement la rivière», raconte en rigolant le directeur général et artistique de l’événement le plus attendu de l’été.

Une subvention de l’Entente de partenariat régional en tourisme a permis à la scène flottante d’entrer dans le champ des possibles. «On avait fait une demande à Tourisme Charlevoix pour plein de projets d’innovation. Le seul que je pensais qui ne passerait pas, c’était la scène flottante, et il a été financé. On aurait pu la faire l’an passé, mais on l’a gardée pour faire un coup d’éclat pour le 10e », s’étonne encore Clément Turgeon.

Le hasard Festif ! a mis Philippe Bourdon sur sa route. Entourés d’une petite équipe débrouillarde, Philippe et Clément ont plongé tête première dans la conceptualisation de ce radeau nouveau genre destiné à accueillir des groupe d’un maximum de 4 musiciens avec tout leur bataclan.

Géologue de formation et passionné de rivières, Philippe Bourdon travaille pour l’Organisme de bassins versants Charlevoix-Montmorency. L’aventure de la scène flottante a commencé par une frustration pour le néo-Charlevoisien. «A mon premier Festif !, je n’ai pas eu de billet pour Louis-Jean Cormier au quai.  Ça n’avait pas d’allure ! Ma fille et moi, on est allé sur l’eau en kayak.  Et c’était très cool ! L’année d’après, il y avait d’autres gens en bateau. L’an passé, j’étais bénévole et j’ai croisé Clément. On s’est dit que ce serait pas bête d’amener les gens sur l’eau. Et non seulement ça, d’amener aussi les artistes sur l’eau ! », résume Philippe Bourdon qui s’est alors mis martel en tête de réaliser cet audacieux projet.

Bien amarrée au quai de la marina de Baie-Saint-Paul, la scène flottante est maintenant réalité et il ne manque plus que quelques menus détails, des artistes et un public au pied marin pour que Clément Turgeon et Philippe Bourdon puissent dire « mission accomplie ».

 

Vous voulez y aller ?

Bleu Jeans Bleu (tous les billets ont été vendus. Possibilité d’assister au spectacle à partir du pont et de la berge)

Vendredi 19 juillet, 16 h 45

Jérôme Saint Kant (une quinzaine de billets « kayak » encore disponibles)

Samedi 20 juillet, 16 h 45

Pas de bière sur la rivière

(EB) Clément Turgeon a bien tenté d’obtenir un permis de réunion pour permettre aux festivaliers flottants de caler une bière fraîche en écoutant Jérôme Saint-Kant et Bleu Jeans Bleu, mais sa démarche a achoppé. «On ne pourra pas servir de bière, parce que les eaux sont de juridiction fédéral!» Il est confiant que les spectateurs trouveront quand même leur euphorie dans ce concept éclaté !

 

À l’ancre avec Katabatik

L’entreprise Katabatik est une précieuse alliée, car c’est son équipe qui se charge de tout ce qui concerne l’accompagnement et l’arrimage du public.  « Tout ce qui est sur l’eau, les kayaks, les trips, c’est Katabatik qui gère. Il faut arrimer tout le monde, on ne veut pas qu’ils partent dans le courant », explique Clément en riant. Un système de bouées indépendantes les unes des autres est dans la mire, avec un système de corde sur lesquels seront installés des mousquetons.

Chaque « embarcation » aura le sien sur des ilôts de 8 personnes. « Est-ce qu’il y aura des places attitrées ? Comment tout ça va s’orchestrer ? pour l’instant, on ne le sait pas, mais il va falloir faire rapidement. On veut que tout le monde soit attaché en 45 minutes max », poursuit le dg. Les kayaks seront mis à l’eau au Camping du Gouffre, tandis que les chambres à air seront mises à l’eau directement sur le site près du pont.

Des artistes qui n’ont pas peur de se mouiller

(EB) Lorsqu’est venu le temps de choisir les artistes qui se produiraient sur la scène flottante, Clément Turgeon a d’emblée pensé « légèreté ». Et pas qu’en terme de  poids ! «J’ai choisi du monde avec une proposition un peu humoristique ! Disons que tu ne mets pas quelqu’un de « deep » qui essaie de faire des affaires bien profondes et émotives devant du monde en kayak et en trip qui barbotent ! Bleu Jeans Bleu, ils sont vraiment dans la dérision, la légèreté et Jérôme 50, c’est son genre, il est l’apôtre du chill ! », rigole Clément Turgeon, curieux de voir comment les artistes vont apprivoiser la scène.

« On adore l’eau! D’ailleurs, on en boit tous les jours donc pour nous, c’est une chance en or de faire partie de la première expérience flottante du Festif!

Ce sera également vraiment spécial pour le public… Qui sait: peut-être auront-ils la chance de taquiner l’achigan entre 2 tounes de rock’n roll! », commente, un brin badin, Mathieu Lafontaine de Bleu Jeans Bleu.

« Ils trouvent ça vraiment drôles, ils sont curieux.  Ils se demandent évidemment si ça va fonctionner, s’ils vont pouvoir embarquer là-dessus avec leurs instruments et tout… On a bien hâte », ajoute Clément Turgeon qui travaille encore à cet aspect. «Comment installer les musiciens sur la plateforme, on ne le sait pas encore. On va prendre un petit raft pour les amener. Il reste à voir pour les instruments de musique. On va l’analyser, c’est une étape à la fois », résume Clément Turgeon, répétant le motto qui a sous tendu toute la démarche.

Casse-tête technique

(EB) Un éléphant se mange une bouchée à la fois, dit un proverbe africain qu’aurait pu faire sien l’équipe derrière la conception et la construction de la scène flottante. «On a pris les défis un après l’autre », résume avec un sourire Philippe Bourdon.

Conçue pour accueillir un maximum de 4 musiciens et un technicien, la scène flottante mesure 18 pieds par 18 pieds et s’appuie sur trois quilles de conception industrielle selon des normes d’ingénierie strictes. « Initialement, on devait avoir deux quilles, mais en évaluant le poids d’un band qui peut atteindre plus de 1500 livres, avec les instruments, le filage et tout, le fabricant nous a fortement recommandé d’en ajouter une troisième », indique Philippe Bourdon qui n’a jamais perdu de vue l’objectif final : avoir une scène sur l’eau, qui flotte.  « Le premier défi a été les quilles. Il fallait absolument qu’elles aient un sceau d’ingénieur. Ça permet d’avoir un bateau qui sera immatriculé à Transports Canada », explique M. Bourdon.

Une fois cette étape franchie, tout s’est enchaîné. « Il y a beaucoup de cerveau qui ont travaillé sur le projet et qui ont amené chacun leur portion. Avec Clément, on a chapeauté tout ça, mais je ne veux pas prendre le crédit », ajoute-t-il. Le volet électrique a bénéficié de la créativité de Michaël Côté,  de Daniel Gauthier électricité. Le design de la structure du toit a été confié à  Sylvain Gagnon de Précision SG.  Cette année, l’électricité arrivera de la berge, mais on souhaite éventuellement rendre le radeau autonome.

La scène flottante a pris forme dans le garage de Maison Mère.  «Tout le monde a mis la main à la pâte. On l’a mise à l’eau au Domaine Gobeil, où elle va probablement passer ses hivers.  Quand on a vu qu’elle flottait, c’était l’euphorie ! On sautait dans les airs, on se serrait dans nos bras, on était vraiment content », racontent Clément Turgeon et Philippe Bourdon en chœur.

Le radeau pèse environ 1000 livres et dispose d’un moteur 9, 9 forces qui lui permet de se déplacer assez rapidement, comme l’ont testé quelques membres de l’équipe. « C’est vraiment cool, ça va relativement vite et c’est stable », indique Clément Turgeon.  La scène devrait passer ses saisons d’inactivité au Domaine Gobeil.

Comme la scène devra être positionné de l’autre côté du pont, la structure supérieure est amovible. «. Ça aurait été plus simple, mais le set up est vraiment hot avec le pont, la murale… Pas mal plus tripant !», résume Clément Turgeon. Et qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour faire « triper » du monde en « trip » ?

Photos: Courtoisie Le Festif!

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