Santé à L’Isle-aux-Coudres : on respire mieux, mais toujours mal

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Par Gilles Fiset
Santé à L’Isle-aux-Coudres : on respire mieux, mais toujours mal
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Selon le maire de L’Isle-aux-Coudres, les problèmes de couverture médicale de son Île sont en grande partie réglés. Un avis qu’un grand nombre de ses concitoyens ne partage pas, dont la pharmacienne Renée Roy, aux premières lignes dans ce combat pour la santé des insulaires.
Par Gilles Fiset
Patrice Desgagnés, maire de L’Isle-aux-Coudres et président de la Coop de santé de la MRC de Charlevoix, affirmait il y a une semaine que la crise concernant la couverture médicale de L’Isle-aux-Coudres était résorbée. « On n’entend plus vraiment parler de problème quant à la possibilité d’avoir un rendez-vous médical sur l’Isle. Les deux jeunes médecins sont très dynamiques et ils ont pris en charge beaucoup de patients insulaires depuis novembre. Même ceux qui ne peuvent se déplacer sur le continent pour aller à la clinique reçoivent une visite médicale tous les 15 jours ».
Donate Dufour, responsable du pavillon de soins intermédiaires Restons Chez Nous de L’Isle-aux-Coudres, constate aussi que les choses vont beaucoup mieux. « Il y a eu une amélioration notable. On a une avancée pour les gens qui étaient orphelins de médecin et qui n’avaient aucun soin. Maintenant, la GMF (Groupe de médecine de famille de Charlevoix. NDLR) a fait en sorte que des médecins viennent sur l’île pour rencontre les clientèles vulnérables et j’en ai qui viennent faire la visite du pavillon. Les patients qui peuvent se déplacer se rendent au CLSC, mais il y a aussi quelques visites à domicile », déclare-t-elle.
Renée Roy, pharmacienne à L’Isle-aux-Coudres, dresse un portrait quelque peu différent de celui présenté par le maire et considère que la situation est encore inacceptable.
« Il y a une amélioration, mais il y avait une crise et on n’en est pas vraiment sorti », dit-elle en entrevue téléphonique. « Ce dont je suis témoin, ce sont les difficultés des gens à rejoindre un médecin, et même leur propre médecin quand ils en ont un, parce que la couverture médicale n’est pas suffisante ».
Cette crise, Mme Roy la vie elle-même au quotidien. « Je dois gérer toutes sortes de cas qui s’entassent sur mon bureau continuellement et qui normalement seraient du travail de médecin. Je me ramasse à intervenir dans des champs que je ne serais pas obligé normalement, comme aller chercher des résultats d’examens par exemple », décrit-elle.
La pharmacienne doit souvent multiplier les actions pour desservir sa clientèle. « Si une prescription est à renouveler pour un médicament ciblé et que le médecin ne retourne pas ses appels et ses fax parce qu’il est trop débordé, on est obligé de faire quatre ou cinq interventions pour s’assurer que la personne soit bien suivie. Ça va de la simple pilule pour dormir à l’infection qui n’est pas traitée ».
Cette dernière a même dû engager une ressource supplémentaire pour venir à bout du travail qui s’entasse. « Ce n’est pas parce que j’ai plus de prescriptions à desservir que j’ai engagé une autre pharmacienne, mais parce que chaque prescription est plus lourde à gérer », explique-t-elle en ajoutant que « si on avait un médecin sur l’Isle ou plus de disponibilité de la part de médecins sur le continent, on serait capable de communiquer avec eux rapidement et d’arrêter d’entasser le travail ».
La pharmacienne ne jette cependant pas le blâme sur le corps médical. « Ils n’ont qu’une tête et deux bras et deux jambes, comme tout le monde et ils sont débordés. Quand on réussit à rejoindre un des médecins qui ont accepté de s’occuper de patients sur l’Isle, ils font vraiment un très bon travail ».

Le 811 n’est pas une solution
La responsable du pavillon de ressources intermédiaires Restons Chez Nous, Donate Dufour, doit quelques fois faire appel au service Info-Santé, le fameux 811, pour se dépanner quand elle a des doutes sur l’état de santé d’un de ses 14 bénéficiaires, mais elle considère que c’est nettement insuffisant. « Ça arrive surtout en soirée, souvent quand il y a des découvertures pour les infirmières disponibles ici, la dernière fois c’était à Pâques. Je n’enlève rien aux infirmières qui travaillent pour Info-Santé, ce sont des personnes qui semblent très compétentes, mais ils ne connaissent pas notre clientèle et les difficultés de transports que l’on peut avoir sur l’Île, surtout en soirée. Par exemple, ils peuvent me dire de me rendre à l’urgence, mais je dois leur rappeler qu’à partir de 10 h je n’ai plus de bateau pour revenir et que ça va me causer beaucoup de trouble. C’est certain que si on avait un médecin sur l’île, ce genre de problème ne se poserait pas », constate Mme Dufour.

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Marcel Éthier
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Marcel Éthier

Un ou une IPS résidant à l’ île serait une solution envisageable, surtout avec l’augmentation de leur autonomie professionnelle. Comme il ou elle doit être chapeauté par le GMF de Charlevoix Ouest, il faudrait que sa pratique soit exclusivement à l’île et non à temps partiel à Baie Saint Paul.

Marcel Ethier md