Charlevoix et sa quête d’un géoparc mondial

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Par Karine Dufour-Cauchon
Charlevoix et sa quête d’un géoparc mondial
Un groupe participant à l’excursion géologique offerte par les Observatoires de Charlevoix à Cap-à-l’Aigle, « endroit exceptionnel au Québec où l’on peut témoigner de la rencontre des trois quarts des familles géologiques existantes dans le sol de la province ». Photo : Science@CECC

Qu’est-ce que ça mange en hiver, un géoparc ? Pourquoi Charlevoix est-il en voie de devenir un attrait mondial officiellement reconnu ? Découvrez ici le projet qui bientôt concrétisera le potentiel récréotouristique qui dort depuis des millions d’années dans les sous-sols du cratère.

Par Karine Dufour-Cauchon

« Un géoparc c’est un endroit où on peut retracer le passé de notre planète, explique JeanMichel Gastonguay, directeur des observatoires de Charlevoix et porte-parole de Science@Cecc. Ce sont des communautés qui se mobilisent pour mettre en valeur et protéger l’histoire géologique de leur région parce que l’UNESCO reconnait qu’il s’agit d’une pièce importante dans l’histoire de la Terre. C’est un concept qui est répandu à travers le monde, mais très peu connu en Amérique du Nord ».

En mai, la région de Charlevoix pourrait recevoir une missive importante de la part du ministère du Tourisme pour son avenir. En effet, l’organisme de valorisation de la culture scientifique de Charlevoix Science@Cecc est en attente d’une réponse du programme « Entente de partenariat régional en tourisme » pour obtenir un appui financier décisif.

Avec ce fonds, l’organisme à but non lucratif pourra financer l’étude de faisabilité déterminant comment Charlevoix peut atteindre le statut de Géoparc mondial de l’UNESCO d’ici 2022.

Pour intégrer le réseau mondial des géoparcs, une région se doit de « posséder un patrimoine géologique exceptionnel, rare, unique, être d’une beauté admirable » tout en « apportant avec lui une valeur scientifique », selon le Comité national canadien pour les géoparcs.

Charlevoix, une page d’histoire

Jean-Michel Gastonguay est convaincu que Charlevoix compte haut la main à tous ces critères. « Charlevoix est un candidat idéal pour l’UNESCO, ajoute le physicien. L’événement astronomique qui s’est déroulé il y a 400 millions d’années a bouleversé inévitablement le paysage, tout comme son sous-sol. Comme si ce n’était pas suffisant, Charlevoix est à la jonction des trois grandes provinces géologiques du Québec : le Bouclier canadien, les BassesTerres du Saint-Laurent et les Appalaches. Les nombreux affleurements rocheux reflètent donc cette diversité géologique hors du commun », explique le porte-parole qui souhaite atteindre ce statut international pour 2022.

Tourisme Charlevoix, la Réserve mondiale de la biosphère de Charlevoix ainsi que Fairmont Le Manoir Richelieu ont déjà fourni leur appui à l’étude. Ceux qui désirent apporter aussi leur appui au projet sont invités à contacter M. Gastonguay au 418 324-4522.

« Premier au monde »

« C’est encore plus intéressant puisqu’il s’agirait du premier géoparc du monde entier à se situer dans un ancien cratère d’impact météoritique », a soutenu en entrevue Jean-Michel Gastonguay, directeur des observatoires de Charlevoix et porte-parole de Science@Cecc.

Il reconnait qu’en plus d’être un projet porteur d’une valeur éducative et scientifique remarquable, intégrer Charlevoix au réseau mondial des géoparcs ouvrirait la porte vers une clientèle touristique internationale non négligeable.

« Pour le tourisme, ça donne une valeur ajoutée. Un tel statut ouvre la porte à une clientèle touristique mondiale. Aussi, plusieurs organisations régionales offrent déjà de superbes activités récréotouristiques. Nous contribuerons à ajouter un volet éducatif intéressant en plus d’être complémentaire d’une activité à l’autre », complète M. Gastonguay.

Pierre Verpaelst, membre du conseil administratif de Sciences@CECC et géologue instigateur du projet, a été le premier à déceler le potentiel de la région. Il souligne que « par l’étude de faisabilité, le projet de Géoparc commencera à se concrétiser, et ce, grâce à une volonté régionale. »

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