Vers une école alternative dans Charlevoix

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Par Emelie Bernier
Vers une école alternative dans Charlevoix
Pierre Larouche et Charlotte Pozzi.

La première séance d’information du groupe L’école autrement dans Charlevoix a fait salle comble à l’Hôtel de Ville de Baie-Saint-Paul le 30 avril. Pour Charlotte Pozzi et Pierre Larouche, porte-parole du mouvement, cet engouement laisse présager que les parents et les enfants auront bientôt une alternative à l’école traditionnelle dans la région.

«On est très heureux, car on sent qu’il y a une volonté des gens de s’impliquer pour que le projet fonctionne. On avait besoin d’une dizaine de personnes pour former un comité de travail et on en a plutôt eu une trentaine », se réjouit Charlotte Pozzi, elle-même maman de deux jeunes « candidats » à l’école alternative.

La rencontre a été l’occasion de visionner le documentaire Grandir heureux, qui relate la mise sur pied d’une école alternative. «Après ça, c’est difficile de ne pas avoir envie de fonder notre école », constate Mme Pozzi.

La commission scolaire de Charlevoix fait montre d’ouverture face au projet d’école alternative. « Il y a déjà eu un projet-pilote à l’École Léonce-Boivin des Éboulements et le directeur des services éducatifs Sébastien Garneau avait porté le dossier. Ils n’avaient pas trouvé les moyens de créer une nouvelle école et ont donc essayé de transformer l’école en école alternative, mais c’est difficile car certains parents tiennent au système de notation, par exemple. Au final, ils sont plutôt arrivés à un modèle hybride », résume Pierre Larouche. Les initiateurs espèrent développer le projet de L’école autrement dans Charlevoix dans un lieu qui lui serait propre.

« Nous souhaitons développer un programme inspiré de la pédagogie Freinet. En fait, ça suit le programme ministériel, mais avec d’autres méthodes. Il n’y a pas de notes, pas de devoir. L’enfant n’est pas évalué en fonction de notes, mais plutôt en fonction de ses aptitudes, de son développement. C’est une façon de faire qui est valorisante pour les enfants qui sont moins adaptés à l’école régulière, mais aussi à ceux qui n’y sont pas assez nourris. Et il y en a!», indique Pierre Larouche.

On estime qu’il faut environ 3 ans pour mettre sur pied une école alternative, dont un an à deux ans pour la mobilisation. «De ce côté, on a pris beaucoup d’avance. Le premier groupe de travail a investi deux ans déjà, ce qui permet de rêver qu’on pourrait ouvrir à l’automne 2020. On est aussi très bien encadré par le Réseau écoles alternatives du Québec », constate Mme Pozzi. Les enfants de 5 ans à 12 ans, soit de la maternelle à la 6e année, pourraient être admis dans la nouvelle structure.

« C’est le même schéma que l’école régulière, mais à la différence que sont des classes multi-âges comme on en retrouve ici dans les plus petites écoles. On vise Baie-Saint-Paul, car 95% des personnes intéréssées y habitent, mais ce sera ouvert à toute la région », concluent les porte-parole.

Les personnes intéressées à suivre la progression du projet sont invités à souscrire à la page Facebook L’école autrement dans Charlevoix.

L’école alternative en bref

Le Réseau des écoles publiques alternatives du Québec (RÉPAQ) présente les écoles alternatives comme des «écoles publiques intégrées aux commissions scolaires du Québec dont la pédagogie est centrée sur une démarche d’apprentissage personnelle de l’élève ». L’école alternative respecte les objectifs du programme de formation de l’école québécoise du Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES), mais offre un cadre éducatif adapté aux besoins individuels des élèves.

Parmi les moyens adoptés :
-un cursus scolaire plus flexible (7 ans au primaire, 5 ans au secondaire, mais sans distinction de niveau, afin de respecter le rythme d’apprentissage de chaque élève)
-une évaluation de l’élève en continu, basée sur une approche qualitative et tripartite (qui implique l’enseignant, le parent et l’élève lui-même)
-l’adoption d’un programme pédagogique centré sur la réalisation du projet personnel de l’élève
-la formation de groupes multiâges
-la valorisation du rôle des parents en tant que co-éducateurs et co-gestionnaires de l’école
-l’attribution d’un rôle majeur à l’enseignant-guide qui a comme mandat d’assurer la cohésion et la cohérence des interventions auprès des élèves.
-l’implication active de l’élève dans les décisions de l’école, ainsi que dans la vie sociale scolaire, dans le but de développer son sens de citoyen responsable, critique et engagé.
(Source : RÉPAQ, Réseau des écoles publiques alternatives du Québec).

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