Don d’organes: qui ne dit mot consent

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Par Emelie Bernier
Don d’organes: qui ne dit mot consent
(Photo : internet)

En matière de don d’organes, la notion de consentement présumé fait du chemin. Récemment, la Nouvelle-Écosse a fait part de son intention de légitimer cette nouvelle façon de faire. Plutôt que de signer pour consentir à donner ses organes, les Néo-Écossais pourraient bientôt avoir à signer pour indiquer qu’ils ne souhaitent pas le faire.

Sylvain Lavigne, Chef adjoint des services cliniques et responsable du bureau de Transplant Québec à Québec, est curieux de voir quelles seraient les conséquences si le Québec emboîtait le pas à cette façon de faire. « Les gens sont généralement positifs face au don d’organes et on pourrait aller vers le consentement présumé, mais il faut aussi associer ça à d’autres mesures pour augmenter la capacité du réseau à identifier les donneurs potentiels, car plusieurs ne sont pas identifiés à la source », indique-t-il. Pour l’instant, difficile de mesurer l’impact du consentement présumé.

Sylvain Lavigne

Selon une estimation du Collège des médecins, on compte plus de 300 donneurs potentiels par année au Québec alors qu’en 2018, on a atteint le nombre de 164 donneurs, une baisse par rapport à 2017. « On manque plusieurs donneurs, mais on travaille très fort pour faire un registre plus fiable et permettre de sauver le plus de vies possible », indique M. Lavigne. Il souhaite rappeler que même si vous signez votre carte, les chances sont minces que les circonstances de votre décès soient compatibles avec le don d’organes. « On parle de seulement 1, 4 décès sur 100 à l’hôpital qui pourront potentiellement permettre un don d’organes», ajoute Sylvain Lavigne.

L’effet Logan

Le don d’organes très médiatisé de Logan Boulet, capitaine des Broncos de Humboldt, cette équipe de hockey décimée dans un accident d’autobus il y a un an en Saskatchewan, a mis le sujet du don d’organes sur la sellette. Dans les jours qui ont suivi la tragédie et l’annonce du geste posthume de Logan Boulet, les Saskatchewanais ont été nombreux à s’inscrire au registre provincial. L’effet Logan, comme on a appelé le phénomène, n’a pas eu tellement d’impact sur la quantité de signataires inscrits à l’un ou l’autre des registres québécois, mais il a eu le mérite de faire parler de la cause. «En parler, c’est positif, même si c’est toujours associé à une mauvaise nouvelle », concède M. Lavigne.

La campagne 2019 de Transplant Québec s’articule d’ailleurs autour de ce thème : Dites-le comme vous le voulez, mais dites-le. «Une fois que les volontés sont connues, nommées, la famille n’a pas à décider. C’est très rare que la famille ira à l’encontre de la volonté connue, d’où l’importance de discuter de votre volonté de donner vos organes avec vos proches », conclut M. Lavigne.

Le don d’organes en chiffres

Nombre de Québécois en attente d’une transplantation d’organes : 805
Nombre de donneurs en 2018 : 164
Nombre d’organes transplantés en 2018 : 537
Nombre de vies sauvées grâce à un don d’organes: Jusqu’à 8
Nombre de vies transformées grâce à un don de tissus : Jusqu’à 20

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