Recherche en médecine d’urgence: Charlevoix dans le collimateur de l’Université Laval

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Par Gilles Fiset
Recherche en médecine d’urgence: Charlevoix dans le collimateur de l’Université Laval

 

Les chercheurs en médecine d’urgence rurale de l’Université Laval lorgnent l’hôpital de Baie-Saint-Paul pour y installer un centre de recherche et en faire une urgence rurale modèle. Une éventualité qui plairait beaucoup aux médecins sur place et pour laquelle le CIUSSS de la Capitale-Nationale n’est pas fermé.

Depuis plusieurs années déjà, l’équipe du Dr Richard Fleet, titulaire de la chaire de recherche en médecine d’urgence rurale à l’Université Laval rêve de faire de l’urgence de l’Hôpital de Baie-Saint-Paul un modèle et un centre de recherche pour l’ensemble du Québec et peut être même du Canada. « Tout en offrant les bons soins, les chercheurs pourraient y faire de la recherche scientifique et l’appliquer directement sur le terrain, comme ça l’urgence devient un modèle pour les autres centres hospitaliers », explique le Dr Fleet. Son équipe voudrait explorer et développer plusieurs technologies et façons de faire dans Charlevoix, dont la télémédecine, la formation par simulation, l’innovation dans le recrutement de personnel, l’échographie à distance au chevet du patient et même l’utilisation de drone en soins préhospitaliers, entre autres.

Pourquoi Baie-Saint-Paul

« On se meurt de travailler dans votre hôpital. Un centre hospitalier flambant neuf avec une urgence en milieu rural, pas loin de Québec et de l’Université Laval, dans une région très attractive, pour nous, Baie-Saint-Paul est l’endroit idéal », exprime le Dr Fleet.

Le personnel médical en place est déjà au parfum de ces projets et plusieurs médecins se réjouiraient d’accueillir l’équipe de recherche. « C’est un projet que l’on aimerait vraiment voir démarrer. On en a parlé plusieurs fois déjà avec des gens du CIUSSS et de l’Université Laval. C’est quelque chose d’unique que l’on ne voit pas ailleurs et qui permettrait de développer nos compétences », assure le Dr Simard, urgentologue à l’Hôpital de Baie-Saint-Paul.

Même si l’équipe de l’Université Laval s’intéresse de plus près au centre hospitalier de la Ville des arts, La Malbaie est aussi dans la mire. « Mon souhait, c’est que les deux centres hospitaliers de Baie-Saint-Paul et La Malbaie participent à ce projet-là. Ce sont deux milieux avec des équipes médicales très investies de leur rôle auprès de la population », confie le chercheur universitaire qui connait aussi plusieurs médecins à La Malbaie.

Il est bien évident que la mise sur pied d’un centre de recherche faciliterait recrutement de médecins urgentistes dans la région.

Le CIUSSS mitigé

Questionnée sur le sujet, les autorités CIUSSS se disent très ouvertes à se qu’il se fasse de la recherche scientifique à l’Hôpital de Baie-Saint-Paul et à appuyer les projets du Dr Fleet comme d’autres projets de recherche ailleurs sur leur territoire, mais de là à y installer un centre de recherche… La marge est haute et on attend d’avoir une présentation officielle du projet avec les tenants et aboutissants avant de se prononcer en faveur ou non du projet. Une présentation officielle qui devrait avoir lieu avant le début juin, selon l’équipe de recherche universitaire.

Bien que le projet ne soit encore à sa phase d’idéation, il pourrait se mettre rapidement en marche, d’ici une année, si toutes les conditions sont remplies.

Cependant, s’il est impossible de s’installer dans la région, « on ira où on nous accueillera », affirme le Dr Fleet en entrevue téléphonique.

Loin de la coupe aux lèvres

En plus de l’accord du CIUSSS, le centre de recherche doit avoir l’aval d’un centre hospitalier doté d’une urgence de haut niveau, comme celle de l’Enfant-Jésus à Québec, pour parrainer le tout et obtenir les subventions nécessaires pour démarrer le projet.

Toujours le scanner

Pour qu’une équipe de recherche débarque à l’urgence de l’hôpital de Baie-Saint-Paul, il faudra doter l’Hôpital de Baie-Saint-Paul d’un scanner. « Ça fait partie des services de base maintenant dans les urgences, sinon on ne pourra jamais faire de celle de Baie-Saint-Paul un modèle ultra moderne. Ça ne veut pas dire qu’il faut y aller tout de suite et en avoir un immédiatement, mais il faut avoir un engagement d’aller dans cette direction », explique le Dr Richard Fleet.

Urgences rurales, urgences urbaines, deux réalités

Un autre avantage du projet du Dr Fleet serait de mieux préparer les futurs médecins à la réalité à laquelle ils feront face dans les urgences rurales après avoir obtenu leur diplôme. Presqu’une nécessité quand on sait que % des services d’urgence sont en milieu rural et que la formation se fait presque exclusivement dans les grands centres actuellement. « Quand tu arrives de ton urgence en ville comme étudiant et que tu tombes dans une urgence en milieu rural, il y a toute une marche et on n’est pas nécessairement formé au départ pour faire face à la musique. On ne sait à quoi ça ressemble une urgence rural. En ville, on a accès à toutes sortes de spécialistes ou l’un de leurs médecins-étudiants. Dès que tu as un problème, tu peux demander conseil en neurologie ou en cardiologie, par exemple. Mais quand tu tombes dans une urgence en milieu rural, ça te prends beaucoup de connaissances de versatilité et même de confiance. En une demi-heure, tu peux avoir un arrêt cardiaque, un accident de voiture et un accouchement d’urgence », confie le Dr Jean-François Simard en entrevue téléphonique.

 

 

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