La belle virée

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Par Brigitte Lavoie
La belle virée
Les enfants étaient très heureux de participer à la Virée nordique organisée pour eux. (Photo : G.Fiset)

Une mer de tuques bleues à pompons, des bénévoles au-devant de tout, des profs « d’éduc » omniprésents. Jeudi dernier, la Virée nordique était prise d’assaut à Clermont par une jeunesse enthousiaste chaussée de skis de fond, de raquettes ou de patins. Bilan de la journée : 435 enfants aux joues rouges, un ski et quelques gants sans leur jumeau, des bénévoles repus et assez de sentiments de satisfaction pour garantir le retour de l’événement l’an prochain. Même la zamboni de l’aréna de Clermont semblait heureuse d’être de la partie, c’est tout dire.

Mais jeudi dernier était aussi jour de scandale chez nous. Dans l’effervescence de ce matin de semaine et de l’autobus scolaire qui finira par se pointer même s’il reste des toasts à avaler, il y avait une enfant qui n’en pouvait plus de ne pas être « en 4e année ».

Le « bébé » de la famille (qui s’indignera d’ailleurs que j’ose parler d’elle dans cette chronique…) s’offusquait de l’injustice de l’enfance : elle devrait « travailler dur toute la journée à l’école, et c’est difficile » alors que sa sœur et son frère s’habillaient pour la Virée nordique, ce paradis où les enfants s’en donnent à cœur joie, semble-t-il, et où ta mère est « parent bénévole en plus ». Cette oasis de neige et de froid qui donne congé d’école un lendemain de congé de tempête de neige, où tu peux t’ébrouer à souhait avec tes amis.

À entendre ma benjamine revendiquer, c’est comme si elle loupait une grande fête d’anniversaire avec un ratio enfants-adultes réduit et réjouissant d’excitation. Ce rêve d’un champ enneigé de liberté où les enfants peuvent crier de tout leur cœur et sans restriction des encouragements à leurs coéquipiers avant de se voir confier le bracelet rose et s’élancer à leur tour sur la piste pour courir vers la victoire… ou la 38e position.

Mais oh, quelle activité formidable où il y a du chocolat chaud, des collations et juste assez de liberté pour lâcher son fou après la course en faisant voler des cerfs-volants ou en jouant au roi de la montagne sur la falaise. Un lieu béni d’entre tous, qui n’a rien à voir avec l’école, où l’enfance peut presque ignorer le temps qui passe et où des parents bénévoles cherchent les égarés sans paniquer pour une remise de médailles tonitruante où, là encore, l’enfance aura le droit de crier à tue-tête ses félicitations sous le soleil de février.

Enfin, tout ça pour dire que ma gamine, qui n’a pourtant qu’une brève idée de ce qui fait de la Virée des enfants une virée incroyable, est partie pour l’école en bougonnant son dépit et en rêvant à sa 4e année qui lui donnera « enfin » le droit de s’inscrire elle aussi.

Parmi les forces de cette belle virée, soulignons d’ailleurs son aspect participatif et le fait qu’elle s’allie l’hiver et la jeunesse. Si les adultes prennent le départ avec bonne humeur pendant la fin de semaine, la journée des écoles permet de pousser dehors bon nombre d’enfants et leur énergie vigoureuse. L’événement a désormais assez d’ancienneté pour compter des enfants vétérans qui se magasinent des coéquipiers par amitié ou pour la performance.

Si j’ai une suggestion à faire à cet événement, c’est celui de continuer. Parce que si j’en crois les 3es années qui rongent leur frein, et les enfants vétérans qui savent déjà comment améliorer leur expérience l’an prochain, la relève est assurée.

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