Une clinique d’infirmières publique réclamée

Par Jean-Sébastien Tremblay
Une clinique d’infirmières publique réclamée
La présidente de la FIQ, Nancy Bédard.

L’ouverture récente de la clinique privée de soins infirmiers Medway à Clermont démontre que Charlevoix-Est renferme le potentiel pour accueillir ce nouveau type d’établissement de santé, mais public, selon la Fédération des infirmières du Québec (FIQ).
« Sur ce type de clinique, je suis partagée entre l’arbre et l’écorce. D’un côté, je suis fière que l’expertise des infirmières soit reconnue. D’un autre, je ne crois pas que le public devrait avoir à payer pour ce genre de services », déclare Nancy Boivin, présidente de la FIQ.
Pour celle-ci, cela démontre clairement que les infirmières pourraient jouer un rôle plus important afin de pallier au manque de médecins dans Charlevoix. « [Ces dernières] ont une réelle expertise. Elles sont des professionnelles de la santé. Maintenant, il faut seulement une volonté politique pour aller de l’avant », ajoute-t-elle.
Elle cite en exemple le cas de la clinique d’infirmières Sabsa, installée au centre-ville de Québec, qui donne des soins de premières lignes au patient dans le spectre de leurs actes professionnels autorisés par la loi. « Sur plus de 1 000 patients qui consultent annuellement, seulement 5% ont été référés. Les autres patients n’ont pas eu besoin d’aller à l’urgence », poursuit-elle.
«  Avec le Dr. Gaétan Barrette au poste de ministre de la Santé, nous avons frappé un mur [pour ce type de projet]. Nous espérons qu’avec la venue de la CAQ, qui était favorable à la Clinique Sabsa, les choses changeront », avance la syndicaliste. Elle ajoute qu’elles sont peu coûteuses à opérer, la clinique Sabsa fonctionnant avec seulement 300 000 $ par année.
Néanmoins, elle ne croit pas que les citoyens devraient avoir à payer pour recevoir des soins infirmiers dispensés gratuitement dans le réseau. « Bien souvent pour une famille, ce montant peut faire toute la différence dans leur budget. De plus, les ils paient déjà pour les soins de santé par le biais de leurs impôts », avance Mme. Boivin.
Questionnée à savoir si ce type de cliniques privées avait un impact sur la pénurie de main-d’œuvre dans le système public, elle réplique : « Si les infirmières avaient l’opportunité de rester dans le système public, je suis sûr qu’elles le feraient. Si elles vont vers le privé, c’est que le système public ne répond pas à leurs besoins ». Ainsi, pour elle, la rétention  du personnel passe par l’amélioration des conditions salariales.
« Il y a des problèmes d’accès aux soins de première ligne dans Charlevoix. Les infirmières sont compétentes », conclut celle qui soutient que sa profession fait partie de la solution aux maux du système de santé québécois.

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