Les organismes communautaires et les municipalités n’ont toujours par reçu les fonds promis par le gouvernement Trudeau afin de faire face aux nouvelles dépenses qu’engendra la légalisation du cannabis.
« Nous étions supposés recevoir des sommes supplémentaires avec la légalisation du cannabis. Il y avait eu un engagement clair du gouvernement de réinvestir les profits de la vente dans la prévention. Nous sommes toujours en attente » affirme Lucie d’Entremont, coordonnatrice de l’organisme Vision d’Espoir et de Sobriété.
« En tant qu’organisme qui vient en aide aux personnes atteintes de dépendance, il va falloir d’adapter à cette nouvelle réalité », poursuit-elle. Pour l’instant, elle ne peut pas prédire si la légalisation aurait un impact direct sur le nombre de personnes sollicitant les services de l’organisme. Néanmoins, elle croit qu’il est possible que davantage de gens soient tentés par un joint dans les premiers jours suivant la légalisation.
« Une minorité de consommateurs développent une dépendance », rappelle la coordonnatrice. Par contre, la consommation de cannabis n’est pas sans risques. « Certains consommateurs de cannabis, qui ont une prédisposition à souffrir de la schizophrénie, peuvent la développer à cause de leur consommation de drogue », explique-t-elle. Cette dernière rajoute qu’une telle situation est irréversible. Par contre, elle souligne que la forte toxicité du cannabis de contrebande peut être en partie responsable du développement de cette maladie mentale.
Pour l’instant, Lucie d’Entremont dénote un manque d’information parmi la population. « Les gens ne saisissent pas tous la loi. Certains croient qu’ils pourront s’acheter des gâteaux au pot à l’épicerie, ce qui n’est pas le cas », donne-t-elle en exemple. C’est pourquoi l’organisme Vison d’Espoir et de Sobriété a continué de déployer des campagnes d’informations sur le cannabis au cours des derniers mois.
La coordonnatrice rappelle aussi que son organisme est là pour aider la population à s’adapter à cette nouvelle réalité. « Si des parents ont des questionnements ou des inquiétudes sur le cannabis pour leurs jeunes, ils peuvent nous appeler sans problème. Il faut parler du cannabis pour le démystifier. Plus on sait de chose sur le sujet, moins c’est épeurant », conclut-elle.
Les municipalités aussi laissées pour compte
Bien que les municipalités doivent également composer avec les effets la légalisation du cannabis, notamment de par leur obligation d’assurer la sécurité publique sur leur territoire, aucune somme supplémentaire ne leur a été accordée. Ainsi, les conseils municipaux qui ont adopté une réglementation encadrant l’usage de cette substance sur leur territoire devront piger dans leurs fonds actuels pour assurer sa mise en œuvre.
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