Un peu moins de deux mois après le début des classes, la pénurie de suppléants se fait sentir dans les classes des écoles de la Commission scolaire de Charlevoix (CSDC).
« Lorsque cette banque [de suppléants] est presque vide, c’est-à-dire qu’il ne reste que quelques personnes pour assurer les remplacements imprévus dans les écoles, les enseignants reçoivent un avis. […] Cette année, nous avons déjà reçu à trois ou quatre reprises cet avis », explique Kathy Beauséjour, présidente du Syndicat des enseignantes et enseignants de Charlevoix (SEC-CSQ).
Lorsqu’elle a commencé sa carrière il y a huit ans, ce genre de situation était exceptionnel, et ne survenait qu’en décembre ou en juin. Elle a constaté que la situation s’est dégradée depuis.
De son côté, la CSDC constate le même phénomène. « À date, nous avons toujours eu une personne devant les classes. Par contre, nous devons user de créativité », explique Julie Normandeau, secrétaire générale et responsable du transport scolaire pour l’organisation.
« Quand un enseignant doit s’absenter, il doit maintenant garder en tête que la personne qui le remplacera pourrait ne pas être formée ou même à l’aise avec la matière qu’il donnera. Moi-même, quand j’enseignais l’anglais pas plus tard que l’an dernier, je ne laissais pas ma planification rédigée en anglais, de peur que la personne qui me remplace ne parle pas la langue », poursuit Mme Beauséjour.
Dans certaines situations plus problématiques, des professionnels de l’éducation, comme des techniciens en éducation spécialisée ou des orthopédagogues ont été mis à contribution.
Dans ce dossier, la CSDC et le corps professoral travaillent de paire. « La Commission scolaire fait de son mieux pour préserver sa banque de suppléantes, notamment en ne convoquant pas trop de formations les lundis et les vendredis, puisque ce sont des journées où les absences sont plus élevées », souligne la présidente.
Julie Normandeau avance de son côté que son organisation est en recrutement perpétuel afin de pallier à la rareté de main d’œuvre. « Notre département de ressources humaines est très actif. Nous passons des centaines d’entrevues à chaque année afin de combler nos postes offerts », déclare-t-elle. D’ailleurs, une offre d’emploi est affichée en permanence sur son site web.
Pour la présidente du syndicat, qui constate des conditions de travail plus difficiles dans les classes depuis quelques années, la situation pose un problème plus large. «Et nous, comment réussit-on à se démarquer des autres régions du Québec pour aller chercher les finissants en éducation dans les universités ? », lance-t-elle en conclusion.
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