Des travailleuses saisonnières vivent le trou noir… du G7

Par Jean-Sébastien Tremblay
Des travailleuses saisonnières vivent le trou noir… du G7

Après avoir traversé de peine et de misère le trou noir de l’assurance-emploi cet hiver, des femmes de chambre de différentes auberges doivent maintenant traverser une autre période de disette. Contre toutes attentes, elles sont présentement sans travail, car les établissements d’hébergement où elles travaillent affichent complet, mais demeurent inoccupés.
« À quelques jours du G7, nous sommes très occupés. C’est très surprenant ! », déclare Julie Brassard, directrice générale du Mouvement Action-Chômage Charlevoix (MACC). Elle recense quatre auberges qui ont temporairement mis à pied leurs femmes de chambre, et ce, depuis deux semaines dans certains cas.
Un manque de planification semble être à l’origine de la situation. « Le gouvernement fédéral a loué à l’avance toutes les chambres disponibles pour la période du G7. Or, présentement, personne n’occupe ces dernières. Pas d’occupation, pas de besoin pour les femmes de chambre », explique-t-elle.
De surcroit, elle dénonce qu’aucune compensation n’est présentement offerte à celles qui sont ainsi laissées en plan. Elle trouve injuste que les propriétaires empochent les frais de location, tout en n’ayant aucun salaire à payer ni aucune autre dépense afférente.
« Ces femmes ne savent pas lorsqu’elles vont retourner au travail. Et dire que plusieurs personnes jugent les travailleurs saisonniers, et affirment qu’ils ne veulent pas travailler ! », affirme Mme Brassard, tout en soulignant l’ironie de la situation.
D’ailleurs, cette période d’arrêt forcé pourrait bien être lourde de conséquences l’hiver prochain pour ces employées. « Si elles font moins d’heures, elles auront moins de semaines de chômage dans la saison morte. Leur trou noir sera d’autant plus grand », énonce la militante. Elle déplore le fait que les retombées économiques du Sommet du G7 ne profitent pas à tout le monde, d’autant plus que plusieurs travailleurs saisonniers viennent de traverser une période très difficile.
Sylvie Boucher, députée fédérale de la région, a dénoncé la situation la semaine dernière sur les ondes de CIHO FM. « Je ne veux pas que la population qui vit déjà avec le trou noir de l’assurance ait plus de misère à cause du Sommet du G7 », affirme celle qui a posé plusieurs questions à Ottawa, mais qui n’a obtenu aucune réponse.
Des formations peu utiles
Proposée comme solutions au trou noir de l’assurance-emploi par le gouvernement libéral de Justin Trudeau lors du dernier budget fédéral, la mise en place de formations pour les travailleurs saisonniers n’a pas eu l’effet escompté.
« Seulement 26 personnes, sur une possibilité d’environ 1 000, ont pu bénéficier des formations offertes », indique Julie Brassard. Selon elle, la tardiveté de cette mesure ainsi que le manque de publicité justifie ce faible résultat.

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