Redéfinir Saumon Rivière-Malbaie

Par Eric Maltais 9:31 PM - 05 juillet 2017
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Photo: Saumon Rivière-Malbaie

Marc-André Lussier, conseiller municipal de Saint-Aimé-des-Lacs, a accepté de relever le défi de présider la corporation Saumon de la Rivière Malbaie à la suite de la dernière assemblée générale annuelle, tenue à Clermont. Soucieux d’informer la population des enjeux et de l’avenir de cette organisation, il a sollicité Le Charlevoisien pour que tous les adeptes de cette pêche sportive exceptionnelle soient au parfum des derniers développements. Voyez sa définition de l’avenir.
D’entrée de jeu, comment gère-t-il ses nouvelles responsabilités ?
« Je suis dans une phase de prise en main, comme un baptême du feu. Des dirigeants et membres du personnel de gestion ont quitté le navire et j’apprends à naviguer dans des eaux peu connues. Nous avons eu peu de temps pour préparer la saison 2017 ».
Alors, par où commencer ?
« Je suis assisté par des équipiers expérimentés et dévoués que sont Lucie Forgues et Mireille Ouellet en plus de Kevin Lajoie, et par une belle équipe d’une dizaine de bénévoles dirigée par Gaston Bergeron, secondé par Gaétan Tremblay. Nos bénévoles sont regroupés dans une équipe qu’on a appelée le Groupe d’action Saumon Rivière Malbaie, des gens motivés et passionnés qui ont la rivière à cœur et qui y mettent beaucoup de temps et d’énergie. Nous avons un conseil d’administration qui comprend des gens d’expérience et d’âges variés. Il y a une diversité d’opinions et de points de vue. Malgré l’ampleur de la tâche et l’échéancier serré, je me sens en confiance avec cette équipe-là et tout à fait capable de mener à bien notre mission ».
Comment la décrire, cette mission ?
« Elle comprend plusieurs volets. Le premier est la montaison du saumon. Nous sommes mandatés par l’usine Résolu qui en a l’obligation, et par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), qui garde un œil attentionné sur son exécution. Nous avons débuté la montaison le 12 juin dernier et je peux vous dire que j’ai vu quelques très gros spécimens d’environ un mètre de long. Le deuxième volet est d’assurer la pérennité de la corporation en instaurant de bonnes pratiques de gestion et en augmentant l’achalandage. Historiquement, on retrouve surtout des hommes sur les rivières à saumon. Il serait très intéressant que les femmes s’y adonnent aussi. Comme dans bien des domaines où les hommes étaient nettement majoritaires, la solution aujourd’hui et parfois même la survie passe par l’achalandage féminin.
Nous nous en sommes donné un troisième : générer des retombées régionales. La rivière ne nous appartient pas; nous la partageons avec des partenaires. Je parle ici des municipalités de La Malbaie, Clermont, Saint-Aimé-des-Lacs, de la MRC de Charlevoix-Est, de Résolu, de la zec des Martres, de la Sépaq et de propriétaires riverains. Nous voulons établir une relation harmonieuse avec chacun de ces partenaires et éviter de générer des situations conflictuelles. Certains de ces partenaires ont aussi leur propre mission. Je pense principalement à Résolu, à la zec des Martres et à la Sépaq. Nous nous devons de respecter leur mission, de les aider à l’accomplir dans la mesure de nos moyens et en tenant compte de nos propres responsabilités, et surtout, d’interagir avec respect et bienveillance. »
Avez-vous un échéancier pour vos actions ?
« Nous avons défini les tâches à accomplir, les priorités, les échéances et réparti les responsabilités. Ça peut sembler théorique, mais ça nous permet de voir clair dans notre cheminement et de toujours garder l’œil sur nos objectifs. Nous gardons à l’esprit de faire vivre une expérience enrichissante aux clients. Chez nous, on appelle ça « l’expérience-client ». Nous avons une très belle rivière dans une très belle région; c’est comme un beau gâteau, mais il faut y ajouter le crémage et la cerise dessus. Le crémage, c’est tout ce qui entoure la pêche: l’accueil, le service et le côté accueillant de notre personnel. La cerise, c’est le saumon; on ne peut pas le garantir, mais on veut garantir le plaisir de tenter de l’attraper. »
Avez-vous des actions concrètes à court terme ?
« J’envisage que la Malbaie devienne une rivière de référence. J’ai pêché sur quelques rivières à saumon et j’ai remarqué que chacune possède sa personnalité propre et que chacune offre des services particuliers pour garantir une belle expérience de pêche. Il faut s’en inspirer, adopter leurs meilleures pratiques et développer les nôtres. À titre d’exemple, sur la plupart des rivières, on retrouve des tables et des abris le long des fosses; j’y ai même vu des toilettes sèches. Tout prochainement, on va installer des tables et de poubelles près des fosses, en commençant par les plus populaires, pour que nos clients y soient plus confortables ».
Allez-vous apporter des changements dans l’organisation ?
« On travaille avec un personnel réduit mais très efficace. Pour les aider dans leur travail et rendre la corporation elle aussi plus efficace, on a acquis un nouveau logiciel de gestion qui nous permet de remplacer des tâches manuelles moins stimulantes et sujettes aux erreurs et de rendre les processus plus rapides. Notre système de réservation sera accessible par Internet de sorte qu’un client pourra faire ses réservations de camping et de pêche à distance et gagner du temps. Le logiciel émettra les droits d’accès, recevra les paiements par carte de crédit ou par carte bancaire, enverra une confirmation par courriel et fera les entrées dans notre grand-livre; tout ça va augmenter le rendement de notre personnel et réduire le travail du comptable.
Notre personnel d’accueil a déjà reçu la formation nécessaire et la base de données des clients est déjà intégrée et s’accroitra au fil du temps. On pourra en retirer une foule d‘informations qui nous seront utiles dans notre gestion. L’approche-client commence dans la tête des membres de notre équipe; en pensant aux détails qui font une différence. Il faut que tout fonctionne parfaitement et rencontre nos normes de qualité en commençant par les réservations, l’ambiance et la tenue des lieux. Il faut que le client sente que nous avons là une organisation bien rodée et efficace, qui baigne dans l’huile. Il faut qu’en voyant notre site de réservation sur Internet et nos services à l’accueil, il sente qu’il va vivre une belle expérience et qu’il s’offre un beau cadeau en venant pêcher chez-nous ».

« Nous allons aussi changer certaines pratiques, comme celle du guidage, qui étaient mal vues de plusieurs membres et citoyens. Dans un esprit de retombées régionales, nous aurons une équipe de guides attitrés, au service de nos clients. Les réservations se feront par la corporation, au tarif fixé, et dont une partie lui reviendra. Ainsi, le guidage sera un projet régional ».

Comment voyez-vous l’avenir ?
« Très optimiste, mais réaliste. Nos prédécesseurs ont fait un très long bout de chemin depuis la fin des années 1990 et comme dans une course à relais, le bâton vient de nous être remis. C’est à nous de poursuivre la mission. Saumon Rivière Malbaie est un organisme à but non lucratif. Nous gérons un budget serré et limité. Nous avons trois sources de financement: les pêcheurs, les gouvernements et les donateurs. Nous espérons toujours que les donateurs et les gouvernements continueront de nous appuyer, mais nous n’avons que très peu de leviers de ce côté, tout comme pour les tarifs de pêche. Ces derniers sont régis par le MFFP. Nous n’avons que très peu de marge de manœuvre. C’est pourquoi il n’y aura pas d’augmentation de tarifs. Il nous reste nos clients pêcheurs et notre camping. Nous cherchons à stimuler l’achalandage en offrant diverses formules comprenant la location de tout l’équipement nécessaire pour initier les novices ainsi que des cours de lancer à la mouche. Ces deux dernières années, la montaison nous a apporté près de 1000 saumons par année, ce qui se compare favorablement avec les autres rivières de calibre et démontre que la Malbaie est en bonne santé. De tels résultats nous incitent à inviter la population de Charlevoix à venir gouter au plaisir de la pêche au saumon et à vivre une expérience-client de premier choix. »
Voilà la vision de Marc-André Lussier.
 

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