La ville dans l'oeil de Chantal Lagacé

Photo de Emelie Bernier
Par Emelie Bernier
La ville dans l'oeil de Chantal Lagacé
Chantal Lagacé près de son oeuvre "Commencer au ras du sol"

Chantal Lagacé a une fascination pour la ville, ses objets, ses territoires. Au Musée d’art contemporaine de Baie-Saint-Paul, elle présente plusieurs œuvres en lien avec l’objet de sa fascination, un clin d’œil parfois ludique, parfois géographique, parfois même anthropologique sur ces lieux habités, vivants.
« Dans tout mon travail, le mot-clé, c’est la Ville. Je travaille sur la ville depuis une dizaine d’années et je la décline en différents axes de réflexion », explique Chantal Lagacé. L’œuvre la plus imposante se déploie dans la salle multifonctionnelle. De grandes feuilles fabriquées à partir d’assemblage de pages de bottin téléphonique y sont suspendus. « Le bottin téléphonique est venu tout à fait hasard, en voulant faire un appel. « C’est la trame urbaine dont j’ai besoin pour mes œuvres! » J’ai commencé à travailler avec ce matériau de différentes façons, et je me suis mise à faire des montages, des collages pour créer des territoires comme des quartiers qui recomposent la ville. D’un côté, on voit les noms des citoyens, de l’autre, en transparence, j’ai travaillé sur les terrains, les lots, c’est géographique », analyse l’artiste.
Une certaine fragilité émane de l’oeuvre. « C’est une installation éphémère vouée à disparaître comme le bottin lui-même… », avance Mme Lagacé. Des photographies de couvercles de regard, ou trous d’hommes, accompagnent l’installation. «C’est fascinant comme objet! Le nom de la ville est écrit. Si c’est une ville francophone, c’est en français. Le nom du fabricant est écrit, la fonction… Ce sont des marqueurs identitaires! », confie l’artiste.
Dans la verrière, Chantal Lagacé présente une multitude de petits objets glanés ça et là au cours de ses promenades chez elle, à Sherbrooke.
« En marchant, j’ai commencé à ramasser des petits objets. Cette œuvre commence du bas vers le haut. C’est un an d’objets ramassés sur les trottoirs de 2007 à 2008. L’oeuvre se déploie en strates horizontales et s’appelle Formation sédimentaire. J’amène la question : «est-ce que ces objets pourraient être des artefacts du futur? Est-ce qu’ils sont pertinents à conserver ?»
Des boîtiers réunissent des objets de même famille, ici des bijoux, là, des portes clés ou des fleurs, « naturalisés » comme le seraient des papillons par exemple. Des représentations picturales d’une ville imaginaire créées à partir de menus objets accompagnent l’ensemble.
L’exposition a été présentée précédemment au Musée de Valcourt et à la Maison de la Culture Frontenac.
« C’est ma première incursion dans ce magnifique musée, dessiné par Pierre Thibault, un de mes anciens professeurs. Je suis heureuse d’être ici! », conclut Chantal Lagacé.

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