Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul 2016: la cohorte 2016

Par Emelie Bernier 7:04 AM - 08 août 2016
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Eveline Boulva, Samuel Breton, Thibault Laget-ro, Samuel Cordier, Michèle Mackasey, Anne-Sophie Turion, Momar Seck, Geneviève Chevalier, Guillaume Adjutor Provost, Camille Bernard-Gravel, Patrick Beaulieu et Nicole Bauberger.

12 artistes prennent part au 34e Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, inspirés chacun à sa façon par l’ample thématique de la mobilité. Bref survol des acteurs de l’édition 2016 du rendez-vous, dans les mots de Marie Perrault.
Par Émélie Bernier
L’expérience du voyage, le mouvement d’objet et de marchandises, les réseaux de transport et de communications et les communautés nomades sont les sous thématiques explorées par les artistes.
Eveline Boulva, elle aussi de Québec, articule sa pratique autour du territoire et du paysage depuis plusieurs années. Au Symposium, elle créera un grand tableau s’inspirant de photographies prises par la fenêtre d’un avion lors d’un passage au-dessus du fleuve Saint-Laurent en utilisant une technique de superposition de maintes couches de glacis d’acrylique de différentes nuances de gris.
Samuel Breton travaille sur des films d’animation et déviera ainsi un peu de la trame picturale ou sculpturale en proposant une installation vidéo performative s’inspirant de la botte Sorel, symbole de la mobilité à pied en hiver dont la conception initiale a été héritée des peuples autochtones.
Le Français Thibault Laget-ro travaillera quant à lui sur l’expérience des migrants en réinterprétant des images diffusées dans les médias, curieusement en les rendant très abstraites mais en leur insufflant une certaine humanité. Explorant la notion du pied-à-terre, il s’inspirera de lieux communs et connus de Baie-Saint-Paul dont il fera en quelque sorte une terre promise. Il éditera de plus une série de 200 passeports, sésames éphémères qui donneront aux visiteurs choisis la chance de prendre conscience de leur position privilégiée, mais leur feront aussi réaliser que la liberté est aussi précieuse qu’impermanente.
Le graveur Suisso-Canadien Frédéric Cordier explorera autour du motif du conteneur, à la fois symbole du transport de marchandises et de plus en plus, du logis. Utilisant la technique de linogravure grand format, il créera une vue portuaire intégrant les structures et engins indissociables des lieux, comme autant de motifs et de textures, avec un souci du détail qui lui est propre.
Michèle Mackasey, de Saskatoon, travaille sur la notion d’itinérance. Elle travaillera à partir des récits recueillis grâce à une collaboration avec le YMCA et Lauberivière.
Anne-Sophie Turion, de France, s’intéresse au tourisme, notamment aux aspects de la vente de la destination et de la fabrication de souvenirs attachés à l’expérience touristique. Elle travaille à partir de textes et de photographies. Son projet a suscité l’intérêt du comité puisqu’il s’arrimait à la nature touristique de la ville de Baie-Saint-Paul.
Originaire de Dakar au Sénégal, mais domicilié en Suisse, Momar Seck s’intéresse aux résidus de consommation et à leur réutilisation. Dans le cadre du Symposium, il invitera le public à faire de petites barques à partir de matériaux métalliques récupérés et ces embarcations seront ensuite fixée sur une grosse barque afin d’évoquer la circulation de marchandises.
Geneviève Chevalier arrive aussi de l’Estrie. Artiste et de commissaire, dans le cadre du Symposium, c’est autour du Sentier des caps de Charlevoix et de la représentation de l’oiseau que s’articulera son travail, une installation inspirée de la migration saisonnière. Un inventaire des espèces d’oiseaux qui fréquentent le territoire lui permettra d’ancrer sa proposition, qui s’attardera aussi aux conséquences des changements climatiques sur les trajets empruntés par la faune aviaire.
Guillaume Adjutor Provost, de Montréal, connaît bien le symposium puisqu’il y a travaillé à titre de médiateur durant quelques années. Durant ce symposium, enfin à titre d’artiste, il articulera son travail autour d’une collection de cartes QSL, cartes que les camionneurs s’échangeaient entre eux et se postaient à la suite de la conclusion d’une transmission réussie sur les radios « CB ». En plus de la confirmation de la transmission, des interventions visuelles étaient faites sur les cartes et la culture de cette communauté nomade sera au cœur de sa démarche aux accents psychédéliques.
La sculpteure Camille Bernard-Gravel habite Québec. À travers des formes qu’elle met en mouvement, elle veut faire référence à la synergie et à l’interdépendance dans les écosystèmes. Ici, elle s’inspirera de la croissance des végétaux pour tenter de mettre en lumière les liens entre ce développement et les forces qui l’entraînent. Des moteurs et des mécanismes seront utilisés afin d’engendrer un mouvement imitant le développement des plantes. Les visiteurs seront invités à interagir avec l’ensemble au moyen de différents capteurs et deviendront eux-mêmes des éléments perturbateurs, au sein de cet écosystème créé de toutes pièces.
Le Québécois nomade Patrick Beaulieu est reconnu pour ses voyages poétiques transfontaliers au moyen de divers véhicules en suivant les vents, la roue de fortune ou la migration des monarques. Il débarque de l’Estrie avec l’intention d’aller nulle part, soit à tous ces endroits qui peuplent notre imaginaire, afin d’exécuter une série de courtes excursions performatives. En altérant la toponymie de la région, il tentera d’atteindre des lieux fictifs selon les indications qui lui seront données par les gens rencontrés. Une visite guidée vers les lieux improbables ainsi découverts sera organisée en fin de parcours.
Finalement, la yukonnaise Nicole Bauberger, qui habite Whitehorse, s’intéressera au réseau routier charlevoisien. Captivée par la route Transcanadienne, qu’elle a traversée d’est en ouest et du nord au sud, elle travaille depuis des années à une série de tableaux réalisés à chaque 50 km de l’imposant tronçon et exposera durant le symposium les 10 tableaux réalisés à l’est et à l’ouest du carrefour où les automobilistes quittent la Transcanadienne pour converger vers Baie-Saint-Paul. Elle ajoutera à cette série des tableaux inspirés du réseau routier de Charlevoix en plus de la série 100 robes de Baie-Saint-Paul, petits tableaux réalisés à l’encaustique et inspirés de la culture locale.

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