Annie Bouchard, portrait d'une paracycliste d'élite

Photo de Gilles Fiset
Par Gilles Fiset
Annie Bouchard, portrait d'une paracycliste d'élite

Annie Bouchard, une Charlevoisienne de 41 ans, est devenue paracycliste de haut niveau après avoir débuté dans la discipline il y à peine quatre ans. Portrait d’une fonceuse.

Grâce à leur bonne performance lors de la dernière compétition de paracyclisme (voir autre texte), Annie Bouchard et sa pilote Sonia Cyr se sont qualifiées pour les standards de l’équipe canadienne. Cette louable performance a été possible dans le cas d’Annie après seulement quatre petites années d’entrainement suite à une suggestion de son médecin. « J’étais suivi par un ophtalmologiste à l’institut en réadaptation physique de Québec qui m’avait parlé du parasport de niveau élite. Je me suis informé sur cette discipline et comme je voyais ça comme un beau défi, j’ai contacté la fédération qui m’ont envoyé un entraineur me faire passer des tests, puis j’ai commencé à m’entrainer dans mon salon », relate Mme Bouchard en ajoutant que pour un défi, l’aventure du parasport d’élite en était tout un. « Je savais que c’était gros, mais est-ce que je savais que c’était aussi gros que ce que je vis, j’en suis pas certaine, car c’est une discipline de vie. Tu travailles à temps plein et tu t’entraines à temps plein », dit-elle en spécifiant qu’être une athlète de parasport, c’est être soumise aux mêmes exigences de préparation que n’importe quelle athlète, handicapée ou non.

Pour optimiser ses performances, Annie doit s’entrainer cinq jours par semaine à raison d’une à plus de trois heures par jour. Aussi tôt que sa journée de travail se termine, la cycliste monte sur son vélo stationnaire dans son salon et enfile les kilomètres virtuels, souvent en « écoutant » un bon film, question de faire passer le temps plus agréablement. De plus, comme tous les athlètes de haut niveau, elle doit faire attention à son alimentation et elle a même décidé de mettre une croix sur les boissons alcoolisées pour ne pas se déshydrater.

Diagnostiquée à 21 ans

Bien qu’Annie Bouchard soit atteinte d’une maladie dégénérative de la vision depuis sa naissance, la rétinite pigmentaire atypique, le diagnostic final n’est tombé qu’à l’âge de 21 ans. Un verdict qui n’a pas eu le choc auquel on s’attendrait chez d’autres. « C’est juste venu conforter ce que je savais déjà. Plus jeune, j’avais des symptômes et les médecins ne trouvaient pas ce que j’avais. Ils ont dit à ma mère que c’était des troubles psychologiques, que c’était des spasmes visuels. Mais dans ma tête, je me suis toujours dit qu’un moment donné quelqu’un allait me dire que j’allais devenir aveugle », relate celle qui avait déjà des problèmes de vision toute petite. « Le premier symptôme, c’est l’absence de vision dans le noir et il y a plein de faits cocasses qui sont arrivés quand j’étais petite par rapport à ça comme tomber dans une barboteuse tout habillée en jouant le soir », raconte-t-elle.

L’athlète charlevoisienne a gardé assez longtemps une capacité visuelle suffisante pour faire un cursus scolaire presque normalement et terminer son baccalauréat en administration. « J’ai fait toutes mes études en lisant dans les livres, sauf que les dernières années, au tableau, je ne voyais plus », se souvient-elle.

Aujourd’hui, grâce à des logiciels adaptés et à une télévisionneuse, elle peut vaquer à ses occupations professionnelles en tant que coordonnatrice du soutien à domicile au centre communautaire Pro-santé de Baie-Saint-Paul. « Il y a 15 ans, je n’aurais pas pu faire ce que je fais actuellement. La technologie n’était pas assez avancée », constate-t-elle en ajoutant qu’elle fait tout son possible pour ne pas avoir l’air de souffrir d’un handicap visuel, mais qu’elle doit parfois se déplacer avec sa canne blanche lorsqu’il faut se rendre dans des endroits inconnus ou sortir tard le soir.

Partager cet article

Laissez un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des