Vernissage au Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul: Natures humaines

Par Emelie Bernier 12:00 AM - 28 février 2016
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Claude Dallaire, Carole Baillargeon, Jacques Saint-Gelais Tremblay et Jean Provencher.

Carole Baillargeon et Claude Dallaire sont les têtes d’affiche du printemps au Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul. La première y réunit pour la première fois les 4 saisons de son exposition Paysages-Vêtements et le second y présente Géologie humaine, portraits poétiques d’un nouvel âge de pierre.

Carole Baillargeon au coeur de son « hiver ».

Carole Baillargeon n’en est pas à son premier passage sur nos terres. Elle a notamment participé au Symposium international d’art contemporain en 2012 et ceux qui l’y ont croisée à cette époque auront sans doute un petit air de déjà vu. Une œuvre débutée entre les 4 murs de l’aréna trouve son aboutissement au sein de l’exposition Paysages-Vêtements qui prend place au rez-de-chaussée du Musée et habite tous les espaces disponibles, un parcours de l’été à l’hiver, en passant par le printemps et l’automne.

« J’aime explorer l’influence de l’homme sur le paysage et vice versa. Ce dont des œuvres vivantes et j’ai voulu intéresser les gens au processus en les impliquant dans la collecte des matériaux.  Le thème des 4 saisons s’est imposé, mais je n’avais pas envisagé que ce serait si long », lance Mme Baillargeon. Une quinzaine d’années aura été nécessaire avant de mettre la touche finale à son grand œuvre qui se déploie ici pour la toute première fois.

« Il y a une profusion d’éléments qui sont enfilés comme des secondes, des minutes qui forment des jours, des semaines. C’est une métaphore du temps circulaire des saisons », résume l’artiste. Elle estime que près de 1000 personnes auront mis leur grain de sel dans ce vaste projet.  

Claude Dallaire

Claude Dallaire propose pour sa part un ensemble de photographies travaillées avec soin (et recours technologiques) où chairs et matières minérales se confondent et se répondent, le tout engoncé dans une résine évoquant l’ambre, la mémoire et un part d’éternité et accompagné de fragments de poésie, parfois offerts par les modèles s’étant prêté au jeu de l’artiste.

Les parents de Claude Dallaire incarnent un amour éternel.

« Géologie humaine est un long travail amorcé il y a un peu plus de 8 ans. Certaines choses ont besoin de mijoter… Plus jeune, j’avais une collection de pierres et de minéraux. Adulte, j’ai acquis une bonne expérience en photo et je me suis demandé que faire avec la pierre? J’ai donc développé un concept qui marie les deux, qui me permet de transmettre mes valeurs à mes fils, même si on est loin du livre à colorier,  d’exprimer certaines choses, des zones lumineuses et ombrageuses », explique l’artiste. En résulte des œuvres touchantes où la peau et la pierre ne font qu’une, où les visages expriment tantôt la douleur ou la renaissance, tantôt la joie ou l’amour.

L’historien et écrivain Jean Provencher a été surpris de recevoir un appel du directeur du Musée, Jacques Saint-Gelais Tremblay, lui demandant d’assurer la présidence d’honneur des expositions printanières. «Moi, un homme du passé dans un musée d’art contemporain, qu’est ce que je vais faire là?», s’est-il d’abord demandé. En fidèle amoureux de Charlevoix, de la campagne, il n’a cependant pas hésité. « Les œuvres de Claude Dallaire sont comme une succession de naissance », avance-t-il. Il connaissait cependant davantage l’œuvre de Mme Baillargeon, car leurs chemins se sont parfois croisés. Auteur de livres sur les 4 saisons, il se sent particulièrement interpelé par les déclinaisons qu’en fait l’artiste, de l’immense courtepointe de l’automne en passant par les chapeaux blancs de l’hiver et les robes de bouchons de liège évoquant la drave et la crue des rivières…

Les expositions sont en place jusqu’au 29 mai. 

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