Vers un quatrième parc pour Charlevoix?

Par 12:00 AM - 11 août 2014
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Charlevoix pourrait obtenir un quatrième parc national. Le territoire côtier de 61,9 kilomètres, parcelle ciblée par la MRC de Charlevoix-Est depuis plus de six ans, a officiellement obtenu une protection temporaire par le gouvernement du Québec.

Concentrée dans les secteurs de Baie-Sainte-Catherine et de Saint-Siméon, il s’agit d’une « réserve de biodiversité projetée de la Côte-de-Charlevoix ». Elle comprend notamment l’anse du Chafaud aux Basques, un site vierge historiquement fréquenté par les baleiniers basques, ainsi que le site d’aventures en montagne des Palissades de Charlevoix, administré par l’équipe de l’alpiniste François-Guy Thivierge. Avec les parcs des Grands-Jardins, des Hautes-Gorges-de-la-rivière-Malbaie et le parc marin Saguenay-Saint-Laurent, cette parcelle serait en voie de devenir le 4e parc national sur le territoire de Charlevoix. Avec le Parc du Saguenay, qui voisine Baie-Sainte-Catherine à l’embouchure du Saguenay, on parle même d’une 5e adresse de biodiversité protégée dans la région.

Vision

La MRC de Charlevoix-Est dessine les esquisses de ce quatrième parc national depuis un peu plus de six ans. Le préfet Sylvain Tremblay explique que cette initiative avait pour but de « compléter le réseau de nos parcs et de mettre en valeur ce secteur près du fleuve, qui est encore peu habité. La vue y est magnifique. C’est un secteur riche en biodiversité et en patrimoine. Nous voulons le préserver de la spéculation immobilière. »

Le statu de protection est donné par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Le territoire ainsi préservé comprend deux blocs de terres publiques, dans les secteurs de Baie-Sainte-Catherine et de Tadoussac. Une première partie de 15 km de long couvre la côte de l’anse à Boutin et l’anse du Chafaud-aux-Basques, dans le secteur de Baie-Sainte-Catherine. Des secteurs sauvages qui comprennent aussi la plus connu Baie-des-Rochers, près de Saint-Siméon. Une seconde section de 8 km se situe pour sa part du côté de la route 170, avec le secteur forestier des Palissades de Charlevoix. Des secteurs dans lesquels se retrouvent notamment trois sites archéologiques ainsi que des espèces floristiques et une faune uniques.

Le statut de protection de « réserve de biodiversité » obtenu est d’une durée de quatre ans et est « une étape » vers le statut de parc. Il « permettra au gouvernement de procéder à des consultations diverses en vue de l’attribution d’un statut permanent de protection et, par le fait même, de la protection de ce milieu naturel » a fait savoir par voix de communiqué le ministre David Heurtel.

Compte tenu du statut de protection désormais en vigueur, ce territoire est préservé des activités d’exploration (minière, gazière ou pétrolière), forestières ou de production d’énergie (éolienne ou autre).

Si la partie n’est pas gagnée, le maire de Saint-Siméon et préfet de la MTC-E, Sylvain Tremblay, croit que le Parc national de la Côte-de Charlevoix verra le jour. À la MRC-E, on pense que le processus sera terminé et le statut officiel d’ici deux ans, soit pour 2016-2017. Un parc en devenir auquel les acteurs locaux attribuent déjà un sillage économique positif pour les municipalités dévitalisées voisines. « Un parc, c’est une usine verte, sans cheminée », image le préfet qui est aussi maire de Saint-Siméon.

Le directeur général de la MRC de Charlevoix-Est, Pierre Girard, a vécu la création du Parc national des Haute-Gorge en 1988. Selon lui, l’obtention du statut de protection temporaire pour la Côte-de-Charlevoix « est un signe fort » du gouvernement vers la création d’un nouveau parc. « Quand tu es rendu à cette étape, ça ne recule plus », constate-t-il, ajoutant que « Charlevoix a besoin de ce nouveau parc. Nous nous démarquons déjà avec ceux que nous avons. Mais dans aucune autre région de la province nous retrouverions une concentration aussi élevé d’aires protégées avec autant de diversité Avec l’ajout du parc de la Côte-de-Charlevoix, nous nous retrouverions avec des aires différentes qui permettraient des activités distinctes. »

 

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