Inquiétude au sein de l’industrie touristique

Par 12:00 AM - 18 juin 2014
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Plusieurs intervenants du monde touristique de la région se sont dits inquiets des impacts négatifs engendrés cet été par la fermeture temporaire du parc des Hautes-Gorges en raison de la reconstruction du barrage des Érables pour remplacer celui qui était rendu à bout d’âge, des travaux évalués à plus de 10 millions $.

 

Claire Ducharme, directrice des opérations à la Sépaq, André Rouleau, nouveau directeur des Grands-Jardins et des Hautes-Gorges, et Claire Gagnon, mairesse de Saint-Aimé-des-Lacs, ont convoqué une rencontre d’information afin de faire la lumière sur le chantier et de tracer une avenue afin de minimiser les retombées négatives liées à la fermeture du site pour une période de douze mois.

 

Les travaux de reconstruction du barrage qui devrait conserver des éléments du patrimoine ont débuté à la mi-juin et se termineront avant la période des Fêtes.

 

On évalue à 80 000 mètres cubes le béton qui sera coulé pour construire une nouvelle infrastructure, un chantier jugé complexe à cause de la grande fluctuation du débit de la rivière, de l’environnement restreint et des critères de résistance sismique :

 

«On parle ici de plus de 14 000 voyages de camion de ciment», a laissé entendre M. Rouleau pour expliquer l’ampleur du chantier.

 

Le directeur a également confirmé que 95 % des travailleurs saisonniers au parc des Hautes-Gorges ont été relocalisés ailleurs :

 

«Le problème au sujet de l’employabilité, a renchéri l’aubergiste Réal Séguin, c’est que j’ai perdu pour ma part mes cinq ou six employés qui travaillaient dans mon établissement situé à l’entrée du parc. Ma femme et moi sommes aujourd’hui obligés de nous retrousser les manches».

 

La municipalité des Saint-Aimé-des-Lacs constitue la porte d’entrée des Hautes-Gorges. La fermeture du site signifie un manque à gagner de l’ordre de 75 000 visiteurs qui, bon an mal an, circulent sur le territoire ciblé :

 

«Nous étions dans l’obligation de fermer le site au public pour des raisons évidentes de sécurité. Donner l’accès aux visiteurs aurait été une décision catastrophique étant donné l’importance majeure des travaux», a indiqué M. Rouleau.

 

Carole Belley, propriétaire du gîte Au Petit Paradis au lac Nairn, est touchée de plein fouet par la fermeture du site :

 

«Normalement au milieu du mois de juin, mon établissement affiche complet pour la saison estivale. Avec la reconstruction du barrage, je n’ai aujourd’hui qu’une dizaine de personnes qui ont réservé», a-t-elle déploré.

 

La mairesse Claire Gagnon souhaite aussi que l’entrepreneur général du chantier favorise les établissements d’hébergement de la municipalité afin de minimiser l’impact négatif sur le plan de l’employabilité.

 

Le préfet Sylvain Tremblay va même jusqu’à suggérer aux acteurs de l’industrie touristique de la grande région de Charlevoix de créer un mouvement de solidarité en proposant le secteur de Saint-Aimé-des-Lacs en cas de débordement au sujet de l’achalandage touristique durant la haute saison, histoire de donner au suivant, selon son expression utilisée.

 

Vers la fin de la rencontre d’information, il a fortement été question d’ouvrir le parc des Hautes-Gorges sur une base annuelle :

 

«Nous attendons une annonce bientôt suite à une rencontre au sommet avec les instances politiques et la direction de la Sépaq», a confirmé Mme Gagnon, en guise de conclusion.

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