Solidarité rurale du Québec: plaidoyer pour « de l’oxygène et la capacité d’agir »

Par 12:00 AM - 28 mars 2014
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Solidarité rurale du Québec tenait sa 20e Conférence nationale la semaine dernière au Manoir Richelieu. Un grand rassemblement d’intervenants réunis pour et par les régions. Voici les réponses de la présidente de l’organisme, Claire Bolduc, à trois questions que nous lui avons posées en marge de ce rassemblement.

Par Brigitte Lavoie

Comment va la ruralité au Québec?

Claire Bolduc : Mieux qu’hier, mais moins bien que demain. C’est une ruralité qui, aujourd’hui, se reprend en main. Ce n’est pas parfait partout, mais c’est une ruralité qui va mieux que lors des états généraux où il y avait beaucoup de morosité. Et c’est parce que les gens ont repris confiance en eux, qu’ils ont de l’espoir et des énergies pour faire valoir cet espoir là et leur rêve. Il y a beaucoup de défis à régler, ne serait-ce que sur le plan de la gouvernance et des demandes du monde rural, où on n’est pas toujours très entendu, où on calcule encore les services de proximité sur la base de statistiques. C’est en continuant de mettre en œuvre nos capacités et porter l’espoir qu’on peut changer les choses.

Dans votre conférence, vous disiez que l’économie n’est pas l’unique question…

Claire Bolduc : C’est Jacques Proulx qui  disait : arrêtez de nous parler de comment on peut fait de l’argent, mais dites-nous comment on peut vivre. Et c’est ça le vrai enjeu. Le travail n’est pas la finalité, c’est un des moyens pour bien vivre. On a mis l’économie en avant de toutes les préoccupations alors que le milieu de vie et le bien-être des personnes devraient être fondamentalement la préoccupation et le rôle du gouvernement. L’économie est un outil au service des humains et on a mis les humains au service de l’économie.

Qu’est ce que le monde rural a besoin?

Claire Bolduc : D’abord d’oxygène, et de la modulation. C’est d’avoir la capacité d’agir, la souplesse de pouvoir faire les choses différemment et surtout cette capacité de voir que les milieux ruraux sont différents. Deuxièmement, nous avons besoin d’éducation. Tout azimut, la société québécoise se construit à la petite enfance et à l’école. Nous devons avoir la priorité absolue sur cet enjeu; l’école de village, la polyvalente, qui créent des gens qui développent leur capacité citoyenne, comme les cégeps et les universités, qui développent les compétences, les façons d’être et la capacité de penser et de réfléchir. Comme troisième enjeux, c’est de réfléchir à toutes les ressources qu’on a autour de nous, qui sont des richesses collectives et qui peuvent devenir un fardeau et une épreuve pour les communautés.

 

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