Une trousse de survie après la Grande secousse

Par 12:00 AM - 21 février 2014
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Suite à l’exercice la Grande secousse de l’automne dernier, qui avait pris d’assaut leurs salles de classe, des élèves de l’école Laure-Gaudreault de Clermont se sont lancé dans la production de trousses de survie. Portrait d’une mini-entreprise affairée qui pense sécurité.

L’entreprise SOS est née dans les classes de Claudine Boulianne, Stéphane Côté et Nancy Beaudin suite à la Grande secousse 2013. Rappelons que ce premier exercice comportemental québécoise, et premier francophone dans le monde, visait à faire adopter à la population, et aux écoliers, le bon comportement en cas de séisme majeur.

« Suite a la Grande secousse, on s’est questionné : est-ce qu’on est prêt si ça arrivait pour vrai et est-ce qu’on a le matériel nécessaire à la maison », expose M. Stéphane. Une étude de marché, réalisée par les élèves auprès de leur famille, a permis de constater le besoin : 108 familles n’avaient pas de trousse de survie qui leur permettrait d’être autonome pendant 72 heures en cas de catastrophe naturelle et 98 de ces familles en voulait une. Du coup, les classes de 2e cycle de M. Stéphane et de mesdames Claudine et Nancy se sont mises à la tâche d’en fabriquer une centaine, à prix abordable.

Recherche, création des comités de marketing, de production, de ressources humaines et de finance, les 69 élèves âgés de huit et neuf ans ont fort à faire. La trousse comprendra tous les éléments nécessaires, du sifflet à la couverture d’aluminium en passant par des bons rabais chez des commerçants locaux pour mettre la main sur la radio AM-FM ou encore les denrées non-périssables. L’entreprise SOS culminera le 26 février par le Salon des sinistres où les élèves ainsi que des intervenants du milieu et de la sécurité publique viendront parler prévention et catastrophes naturelles à la population. Le salon est accessible en soirée à toute la population.

Entrepreneuriat et persévérance

La motivation est au rendez-vous pour ce projet, faut-il souligner. Les classes sont affairées et les élèves attendent avec enthousiasme les périodes où l’entreprise SOS est à l’horaire. « Déjà, la Grande secousse a marqué beaucoup de monde. C’est comme une suite et ça intéresse beaucoup les enfants. L’objectif était de faire de la prévention et c’est la même chose avec notre salon », constate M. Stéphane qui ajoute que l’entreprise tentera sa chance au Concours québécois en entrepreneuriat.

Il faut dire que l’école Laure-Gaudreault « est un école entreprenante ». Depuis dix ans, sept mini-entreprises étudiantes y ont vu le jour dont les Activités intelligentes, grande gagnante nationale en 2011. « L’entrepreneuriat, à la base, est une approche pédagogique. Ce genre de projet permet de mettre les élèves en action, vraiment en action », constate Mme Claudine.

Liens créés avec le milieu, développement de l’autonomie, sens de l’initiative, intérêt des élèves et persévérance, reconnaissance : les raisons pour mettre une classe en mode entreprise sont nombreuses, selon les deux enseignants. Aux professeurs qui hésitent à faire entrer ce type de projet dans leur groupe, M. Stéphane et Mme Claudine ont ces quelques mots : « Plonger! Faites confiance aux élèves et donnez-vous le droit à l’erreur. Dans ce genre de projet, on se réajuste constamment. Nous aussi, nous apprenons à nous adapter et à être flexible, à faire face aux imprévus. »

Au Concours québécois en entrepreneuriat, la coordonnatrice à l’entrepreneuriat étudiant, Marie-André Audet, renchérit avec quelques statistiques : « En milieu défavorisé, 97 % des enseignants observent une hausse de la motivation dans élèves en classe grâce à ce genre de projets et 87 % des jeunes qui vivent ces projet affirment être plus persévérant à l’école ». Le concours outillent d’ailleurs les enseignants et propose notamment la démarche Valoris, pour les écoles en milieu défavorisée. Pour en savoir plus : www.concours-entrepreneur.org/ et www.grandesecousse.org.

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