VIOLENCE CONJUGALE: Un protocole pour agir vite et bien

Par Emelie Bernier 12:00 AM - 30 janvier 2014
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Lorsque vient le temps de gérer des situations de violence conjugale, la concertation est de mise. Depuis novembre 2012, un protocole d’intervention lie  les différentes parties concernées afin que l’intervention soit la plus efficace et la plus cohérente possible.

Par Émélie Bernier

«Même s’il y avait déjà une bonne collaboration entre nous et qu’on avait souvent du référencement, un protocole socio-judiciaire a été signé entre la Sûreté du Québec, le SHIC (Service pour hommes impulsifs et colériques), le centre de santé et de services sociaux de Charlevoix (CSSSC) et la Maison La Montée. Par le fait même, le CSSS a confié la responsabilité de toutes les situations de violence conjugale à La Montée, qui a le titre de premier répondant », explique Deicy Mezquita Ortiz. Pour la directrice de La Montée, il s’agit là d’une reconnaissance de l’expertise développée au fil des ans. «Nous sommes là depuis 1985. Je pense que nous avons fait nos preuves, que la crédibilité est là », ajoute-t-elle.  

Pour Roch Ringuet, récemment nommé commandant du poste de la Sûreté du Québec à Baie-Saint-Paul et commandant par intérim pour celui de Clermont, ce protocole est un modèle de collaboration. «Je trouve très intéressant d’avoir une structure comme ça dans Charlevoix. Évidemment, à la SQ, notre rôle est d’évaluer la dangerosité de la situation, d’assurer la protection des personnes et de promouvoir l’importance de prendre des mesures pour la suite. On ne peut forcer personne, mais on  donne en référence les services disponibles, tant pour les victimes que pour les agresseurs. Il faut intervenir rapidement pour aider la personne à se sortir du cycle », résume-t-il. Le rôle de la SQ peut aller jusqu’à arrêter des suspects, notamment dans les cas de voies de fait, et les traduire devant les tribunaux.

Les patrouilleurs se doivent d’être toujours à la fine pointe de l’information,  pour tenter d’orienter la victime et l’agresseur vers les ressources. La sûreté du Québec assure aussi le mécanisme de liaison, si la victime consent à ce que ses coordonnés soient remises aux intervenantes de La Montée. « Ça prend une autorisation signée de la victime, bien sûr. Dans le cas où une personne va hésiter avant d’accepter, on va tout faire pour l’influencer positivement, dans le but qu’elle aille chercher de l’aide », de spécifier le capitaine Ringuet.

 


Un Carrefour sécurité en violence conjugale dans Charlevoix


(EB) Charlevoix accueille depuis 2013 un projet pilote de Carrefour sécurité en violence conjugale (http://csvc.ca).  Défini comme un «  modèle d’actions intersectorielles », le CSVC vise à « améliorer la sécurité des victimes de violence conjugale (adultes et mineurs) et des proches, incluant le conjoint (risques suicidaires) ». Évaluation et concertation sont les mots clés de ce concept développé en Mauricie de 2008 à 2012 et maintenant prêt à être exporté. Le CSVC propose notamment des outils d’estimation du danger fiables et une procédure afin que soit assurée la sécurité des personnes impliquées.


 «Si nous avons été choisies pour ce projet pilote, je crois que c’est parce que les intervenants sont capables de travailler en partenariat. C’est un plus pour nous», explique Deicy Mezquita Ortiz de La Maison La Montée. Tous les partenaires liés par le protocole d’intervention sont de la partie, de même que le procureur de la couronne. « Plus clairement, l’objectif du CSVC est d’éviter les situations d’homicides de femmes et enfants. Ça va fonctionner comme le Centre de prévention du suicide. Un des partenaires va recevoir une situation et le cas échéant, lever le drapeau rouge pour  qu’ait lieu la mobilisation et que soit monté un scénario de protection pour éviter que ça finisse en drame. Il ne faut pas le nier, c’est de plus en plus présent. À chaque mois, on a une ou deux situations de ce type au Québec », se désole Mme Mezquita Ortiz.  Roch Ringuet, commandant du poste de la Sûreté du Québec à Baie-Saint-Paul, y voit un grand potentiel. «C’est un projet pilote qui mise encore une fois  sur l’importance du partenariat. Je suis très ouvert pour développer ce volet-là. C’est indissociable de la mission de la SQ », confie-t-il.


 


 

 

 

 

 

 

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