25 personnes s’informent sur le statut de Métis

10 mai 2012
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Le 4 mai dernier, 25 personnes ont assisté à la rencontre d’information de la Communauté métis du domaine du Roy et de la seigneurie de Mingan (CMDRSM), découvrant l’étendu du métissage dans la région et les détails de la reconnaissance des droits de ce peuple autochtone par le gouvernement québécois.

Le chef Jean-René Tremblay s’est dit « très satisfait de la rencontre. Il manque un peu de participation, mais les gens qui sont ici sont intéressés. Pour nous, ça répond à l’objectif de la rencontre qui était d’informer la population. » Actuellement, le « clan Charlevoix » compte une vingtaine de membres. Son président Robert Desbiens espérait que la rencontre permettra d’en recruter de nouveaux.

Reconnaissance des droits

Actuellement, la Communauté métis du domaine du Roy défend en Cour la reconnaissance de ses droits ancestraux autochtones au gouvernement québécois. Le « jugement Corneau » est suivi avec attention par la CMDRSM qui pourrait devenir la première reconnue au Québec. Ailleurs au Canada, les provinces de l’Ontario, des prairies et de la Colombie-Britannique ont des communautés métis aux droits autochtones reconnus et dont les membres ont notamment accès aux divers programmes sociaux du gouvernement fédéral.

 « Nous sommes en recrutement puisqu’avec le jugement Corneau, nous devrons bientôt déposer notre liste de membres. Après coup, les Métis qui ne sont pas membres  ne pourront plus être reconnus comme tel », précise M. Desbiens.

Posant plusieurs questions, certains participants ont profité de la soirée de vendredi pour devenir membres. Quatre personnes ont également rejoint le conseil d’administration du Clan Charlevoix. Toujours sous la présidence d’honneur de Robert Desbiens, le clan comptera sur Charles Warren (vice-président), Simon Bouchard (secrétaire trésorier) ainsi que Élias Gagnon et Christiane Tremblay a titre de directeur.

Le territoire ancestral des Métis de la CMDRSM s’étend sur 550 000 kilomètres, de la Côte-Nord au Labrador ainsi que des Éboulements à Sept-Îles (60 km à l’est) jusqu’au partage des eaux avec la Baie-James. Il regroupe les Métis habitant les régions de Chibougameau, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord et une partie de Charlevoix. Pour en savoir plus sur la communauté, visitez le http://www.metisroymingan.ca/ .

Charlevoix, population métissée

Blackburn, Fillion, Gariepy, Godin, Hervieux, Moreau, Pelletier, McCload, Desbiens, Lavaltri, Murdoch, Riverin, St-Onge. Autant de noms de famille dont les arbres généalogiques peuvent contenir des origines autochtones. La Communauté Métis du domaine du Roy et de la seigneurie de Migan reconnaît sur son territoire 15 grandes souches comptant quelque 40 000 descendants directs. La « pointe d’un iceberg » généalogique métis qui a également de profondes racines charlevoisiennes.

Selon les historiens Serge Gauthier et Christian Harvey de la Société d’histoire de Charlevoix, les activités commerciales ayant eu cour dans le passé dans Charlevoix ont contribué au métissage. En effet, la présence de postes de traite importants sur le territoire, notamment à Tadoussac, Sept-Îles et La Malbaie, ont contribué aux rencontres entre femmes autochtones et hommes blancs. Par la suite, l’industrie forestière ainsi que touristique ont également favorisé le métissage.

« Ça remonte aux origines, avec l’arrivée des européens, jusqu’aux années 1850. C’était une période où le territoire était assez libre, sans réglementation, et qui favorisait les liens métis », précise Serge Gauthier. « Quand on étudie l’histoire, dans les faits, il y a beaucoup de mariages qui ont été fait indépendamment des règles religieuses. Les hommes passaient plusieurs mois, parfois des années à un poste de traite par exemple. Autour de ces postes de traite, il y avait des femmes indiennes et des enfants. »

Les deux historiens s’activent actuellement à « reconstruire » l’histoire métis charlevoisienne et le passé autochtone régional. Des traces qui, contrairement aux recherches généalogiques traditionnelles, ne se trouvent pas dans les actes de mariage.

Selon M. Gauthier, il est clair que « la question métis est importante dans Charlevoix. Il ne faut pas hésiter à la raconter et à la découvrir. » Il croit également que « c’est bon qu’on se rende compte qu’il y a des métis dans nos ancêtres. Champlain avait dit, lors de sa rencontre avec les indiens à la Pointe-aux-Alouettes, qu’il y aurait création d’un nouveau peuple entre les européens et les indiens. Dans le fond, c’est ce qui est arrivé : la création d’un peuple entre européens et indiens. Les Métis. »

La Société d’histoire de Charlevoix publiera à la fin mai sa 71e revue d’histoire dans laquelle il y sera question, pour une première fois, de la présence autochtone dans Charlevoix.

 

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