La sécurité alimentaire : au-delà du panier d’épicerie!

Par Emelie Bernier 25 avril 2012
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Comment assurer la sécurité alimentaire des familles dans une région qui compte plusieurs kilomètres de « désert alimentaire»? Quels sont les pistes à favoriser lorsque vient le temps de distribuer l’aide alimentaire? Qui sont les ressources en la matière dans Charlevoix? Une soixantaine de participants issus de différents milieux étaient réunis aujourd’hui pour une journée de réflexion-action sur ces questions. Les constats sont troublants.

 

Sécurité alimentaire Charlevoix et les 2 centres des femmes de la région sont à l’origine de ce rassemblement, premier du genre dans Charlevoix. Parmi les intervenants invités, Céline Morrow, chef d’équipe pauvreté et développement social et des communautés à la Direction régionale de santé publique de la Capitale Nationale. Elle a présenté les résultats fraîchement compilés et analysés d’une étude sur le coût du panier de provisions nutritif (PPN), dont le prix dans Charlevoix n’est pas plus cher qu’ailleurs.

 

«Toutes les régions qui se ressemblent ont des résultats similaires au niveau du coût du PPN, mais il doit donc être situé dans un contexte beaucoup plus large et doit nous aider à enlever la pression sur le dos des familles », explique-t-elle. « Ce que ça démontre, c’est que les gens n’ont pas les revenus pour répondre à leurs besoins nutritionnels. Il n’y a pas de jugement sur ce que les gens mangent ou devrait manger, mais une responsabilité sociale, au-delà de l’individu », croit fermement Mme Morrow.

 

Selon les statistiques, une famille devrait consacrer en moyenne 33% de ses revenus à son alimentation, alors qu’un autre tiers devrait servir à payer le logement. Le dernier tiers, lui, assumerait le reste de dépenses. «Ce qu’on voit quand on fait de l’aide budgétaire, c’est que les familles sont souvent obligés d’allouer 75% de leurs revenus au logement », illustre cependant Alain Turcotte, directeur général du centre communautaire Pro-Santé.  

« Je ne suis pas surprise par la statistique de M. TUrcotte. Le coût du PPN doit être situé dans l’ensemble des déterminants sociaux », a ajouté Mme Morrow.

 

« Le transport, le logement, les emplois de qualité sont à considérés. La pression de l’insécurité alimentaire pèse beaucoup sur le dos des organismes communautaires et ça peut être un puits sans fonds.

 

Le témoignage de 3 «expertes du vécu » ayant reçu du support de l’organisme « Mère et monde » a rappelé avec aquité la réalité des familles à faible revenu lorsque vient le temps de subvenir aux besoins des enfants. Munies de leurs nombreux diplômes (Attestation en remontée escarpée, certificat en système D,  attestation en défonçage de porte, etc…), elles ont pris leur courage à deux mains pour mettre un visage sur l’insécurité alimentaire.

 

Alexandra Simard, agente de projet pour Sécurité alimentaire Charlevoix, est heureuse de la participation à l’événement. « il y a beaucoup de ressources en sécurité alimentaire, mais il faut aussi voir le problème dans son ensemble. Cette journée aura permis de valider notre plan d’action et nous permettra de la bonifier », a-t-elle conclu.

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