Le caribou sous observation

Par 12:00 AM - 22 avril 2009
Temps de lecture :

Une récente étude du ministère des Ressources naturelles et de la Faune, menée de 2005 à 2008, indique que le caribou forestier de Charlevoix est en difficulté. Possédant le statut d’espèce vulnérable, le cheptel de Charlevoix ne compte plus que  85 individus environ.

Depuis sa réintroduction dans le parc des Grands-Jardins il y a près de 40 ans, le caribou des bois a eu du mal à se multiplier. La harde a atteint les 120 têtes au début des années 1990, mais aujourd’hui, l’étude en dénombre à peine 85.

Pendant trois ans, par télémétrie, on a suivi sur le terrain les caribous, ainsi que leurs principaux prédateurs, les loups et les ours noirs. Conclusion : le caribou ne fait pas le poids. La précarité de l’espèce s’explique en grande partie par les modifications de l’habitat causées par les activités humaines, notamment les opérations forestières.

«C’est indirect parce que les coupes permettent aux prédateurs de s’installer. La bande est stable, mais le taux de mortalité des faons de moins de 7 semaines est de 57 %. C’est énorme. Une chance que le parc joue son rôle», explique le coordonnateur de projet à la Fondation de la faune, Marcel Quirion.

Moins de forêts matures, moins de caribous, l’équation est invariable. L’étude pourra influencer les plans d’aménagement forestier en conservant davantage de couverts forestiers et en favorisant les coupes partielles. La présence de forêts matures est essentielle au caribou pour s’abriter et s’alimenter durant l’hiver. L’incitation au trappage du loup et à la chasse à l’ours est un autre moyen de conserver le fragile équilibre avec le caribou.
«C’est un troupeau représentatif de l’espèce. Ça vaut la peine de le conserver. On vise au moins la stabilité», indique M. Quirion, ajoutant que le suivi des animaux se poursuivait au-delà de l’étude.

Il n’existe que deux troupeaux de caribous au sud du Québec, celui de Charlevoix et un autre, naturel celui-là, en Gaspésie où on évalue la harde à 120 têtes.

Partager cet article