Internet haute vitesse, un "must" en affaires!

Par Emelie Bernier 12:00 AM - 21 mars 2009
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L’importance d’Internet haute vitesse dans le développement économique des régions n’est pas un mythe. Alors qu’entre 80 et 100 entreprises d’ici n’y ont pas encore accès, quelques-unes ont fait le choix de payer plus pour ce service essentiel à leur bon fonctionnement. D’autres n’en ont tout simplement pas les moyens!

Le choix du mont Grand-Fonds
Daniel Bouchard, directeur général du mont Grand-Fonds, n’a pas hésité longtemps quand est venu le temps de prendre la décision de « brancher » la montagne. « Ici, on n’avait pas accès à la fibre optique et jusqu’à récemment, on était à basse vitesse. Ça prenait quatre lignes de téléphones pour nos systèmes de TPV. L’installation du routeur s’est imposée d’elle-même. » C’est Communications Charlevoix qui a permis au mont Grand-Fonds de se mettre sur la toile vitesse grand V.

« Le routeur,  l’installation et tout ça, c’était des frais de base de 1000 $. Mensuellement, ça coûte environ 90 $. Nous avons une partie de l’accès sans fil et un réseau interne avec fil. Depuis un an, Communications Charlevoix nous fournit le signal à même son antenne sur la Montagne noire. Il y a un avantage à travailler avec eux, parce qu’avec Bell, quand tu as un problème, c’est très difficile d’avoir du service tandis qu’avec Communications Charlevoix, quand j’appelle, je parle à quelqu’un qui s’empresse de régler mon problème. Bell, ce n’est pas un mystère, ils n’ont aucun service! Pour nous, ça été un excellent choix et on ne s’en passerait plus! »

La valse des clés USB
À un jet de pierre du mont Grand-Fonds, Danielle Ricard, infographiste et copropriétaire de Champignons Charlevoix, ronge son frein en attendant qu’on la libère de son « Internet au propane »…
«Pour moi qui suis travailleuse autonome, c’est définitivement une contrainte de ne pas avoir accès à Internet haute vitesse. Pour mes contrats en infographie, je dois fonctionner avec des clés USB que j’envoie en poste express. C’est coûteux, je dois sans cesse me déplacer au bureau de poste ou faire venir Purolator. Et je perds des contrats! »
L’achat du routeur n’est pas vraiment une solution. « À 90 $ par mois plus l’investissement de base, je mange mon profit. Et Xplornet ou les autres fournisseurs via satellite, ils exigent des contrats de trois ans.»
Autre inconvénient, elle doit confier la gestion du site Internet de sa compagnie à un tiers, ce qui représente d’autres frais. Et elle ne peut pas, comme elle l’aimerait, avoir un blogue. « On est un peu rétro! On ne sait même pas ce qu’est You Tube, mySpace et tout ça! » 
Bell et Vidéotron reçoivent leur coup de fil annuel. « Je ne les lâche pas, je me dis qu’un jour, ils vont se tanner et nous amener le câble ou la fibre optique! »

À travers les brumes…
Lucie Beauchamp, des Serres Lacoste, aura attendu longtemps son accès à internet haute vitesse. Ce n’est qu’il y a quatre mois que son entreprise a fait le grand saut… au-dessus du Saint-Laurent!

 « Nous sommes parvenus à nous connecter sur une antenne de Communications Charlevoix sur l’île aux Coudres. Ça marche très bien, quand il n’y a pas de brume! »
Lucie Beauchamp avoue avoir longtemps espéré pouvoir profiter de la fibre optique qui relie les écoles de Baie-Saint-Paul et des Éboulements et qui passe à quelques mètres de l’entreprise familiale. « Quand ils ont installé la technologie, ils se sont stationnés chez nous! Je trouvais que c’était bon signe, mais il semble que non! » « C’est pas comme ça que ça fonctionne », a-t-on répondu à madame Beauchamp lors de ses appels répétés chez Bell Canada. Les coûts occasionnés par son nouvel accès Internet ne sont pas un problème, selon elle. « Je payais 55 $ par mois pour  une vitesse de limace. Aujourd’hui, c’est environ 80 $ et je peux terminer mes transactions bancaires en quelques clics. Pour l’entreprise, c’était un incontournable! » Reste à souhaiter que le ciel demeure dégagé…

« Vous voulez Internet haute vitesse? Ben, déménagez! »
Martin Vallières ne se souvient plus qui, de Bell, de Vidéotron ou de Déry Télécom lui a servi cette réponse pour le moins… délicate. Résidant d’un « secteur mal desservi », comme on les appelle dans le jargon, il a dû s’adapter au télétravail avec basse vitesse et s’est procuré un portable pour squatter l’Internet des copains mieux pourvus que lui en la matière. Coordonnateur d’activités de plein air,  Martin Vallières voit ses recherches s’éterniser et doit limiter les envois d’images aux clients potentiels lorsqu’il travaille de chez lui.

« C’est un handicap, car tout est sur Internet aujourd’hui, qu’on veuille lire les nouvelles, faire des achats en ligne ou écouter des reportages en archives. Tous les sites sont faits pour haute vitesse! Disons que la basse vitesse,  c’est un peu mieux que rien!» Cette semaine, il a encore fait des démarches auprès de Bell Canada et c’est une agente en Malaisie qui lui a dit que malheureusement, la compagnie ne pouvait lui offrir le service!

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